Les As revivent à Québec grâce au hockey mineur. Un nouveau programme élite verra le jour dès la saison 2018-2019, et il s'est inspiré de la défunte formation et son joueur vedette, Jean Béliveau, pour jeter les bases de son identité.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Fruit de deux ans de travail, le programme prévoit la création à Québec de cinq équipes de hockey AAA, de niveau pee-wee à midget.

Ces équipes seront accessibles aux joueurs regroupés par les associations de hockey mineur Québec-Centre, Charlesbourg, Beauport, Côte-de-Beaupré/Île d’Orléans et Charlevoix.

Les As ont dévoilé jeudi soir le chandail qu’il porteront à l’occasion d’une rencontre avec les parents et les futurs joueurs du programme.

« On voulait un nom qui soit identifié à la ville de Québec. Nous, on ne veut pas que nos équipes représentent une école. Ce sont les équipes de la ville de Québec », a expliqué Lucien-Pierre Bouchard, représentant du regroupement des cinq associations de hockey mineur à l’origine du projet.

D’ailleurs, le logo de la ville de Québec apparaît sur le chandail des As.

Autre hommage au Gros Bill

Ce clin d’oeil au passé se veut aussi un hommage à Jean Béliveau, qui a marqué la scène sportive de Québec au tournant des années 1950.

« Cet homme, ce joueur de hockey, incarne absolument toutes les valeurs sur lesquelles on veut construire notre projet: la classe, le courage, l’honnêteté et l’esprit sportif », ajoute Lucien-Pierre Bouchard.

Présent pour le dévoilement, André Béliveau, le frère du défunt hockeyeur a reçu le chandail, avec au dos le numéro 9 qu’a popularisé le Gros Bill avec les As. D’ailleurs, le numéro 9 ne sera jamais porté par un des joueurs équipes AAA des As.

Après la création de la place Jean-Béliveau aux abords du Centre Vidéotron, André Béliveau se réjouit de cette autre marque d’affection à l'endroit de son frère.

« Ça nous prouve à quel point Jean était adoré à Québec. Le 22 avril, ça va faire 65 ans que Jean a joué sa dernière partie à Québec. C’est comme s’il était encore ici. C’est assez exceptionnel le lien entre Jean et Québec », affirme André Béliveau.

Faciliter la vie familiale

Le programme sera chapeauté par la structure sport-études de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries. Les étudiants-joueurs fréquenteront l’école secondaire les Seigneuries dans l’arrondissement de Beauport.

Actuellement, tous les joueurs élites de la ville doivent se rendre à Saint-Augustin-de-Desmaures pour défendre les couleurs du Séminaire Saint-François, un établissement scolaire privé.

Les membres des associations de hockey mineur trouvaient inconcevable qu’il n’y ait pas de formation dans les limites géographiques de la ville.

Mais ce sont surtout des considérations logistiques et financières qui ont motivé les responsables à s’engager dans ce projet pour faciliter la vie des hockeyeurs au talent exceptionnel et leurs parents.

« Si vous êtes un jeune de calibre moyen, vous pouvez jouer dans une association pour quelques centaines de dollars par année et l’aréna est à cinq minutes de chez vous. Mais, si vous êtes très bons, vous devez faire une heure et demie d’autobus et payer des milliers de dollars. Ce n’était plus avantageux d’être très bon au hockey. »

Le partenariat avec une école publique et le budget alloué par le regroupement des cinq associations permettront de diminuer le coût d’inscription annuel d’environ 30 %, estime Lucien-Pierre Bouchard.

L’intégration de ces équipes à la Ligue de hockey d’Excellence du Québec se fera progressivement. Les deux formations pee-wee sauteront sur la glace dès l’automne prochain. Les équipes bantam évolueront dès la saison suivante et le club midget en 2020.

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