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La salle de spectacle du Phare accueillie avec scepticisme

Des gestionnaires et propriétaires de lieux de spectacle doutent que cette offre supplémentaire soit viable dans le contexte actuel. L'ajout de salles d'envergure comme celle du Centre Vidéotron, l'an dernier, et l'arrivée prochaine du Diamant de Robert Lepage soulève déjà des interrogations sur la saturation du marché.

« L'offre est décuplée, multipliée, mais les spectateurs, eux, n'augmentent pas », constate Diane Blanchette qui est directrice générale de la salle de spectacle Diffusion culturel à Lévis.

Mme Blanchette se dit « préoccupée » par la multiplication des lieux de diffusion culturelle dans la région. Celle qui est aussi présidente de la Table de diffusion des arts de la scène au Conseil de la culture pour Québec et Lévis souligne ne pas être informée des projets sur la table comme celui du Phare. Elle déplore un manque de cohésion et de communication dans le milieu.

« Moi, j'inviterais les promoteurs à rencontrer l'ensemble du milieu des diffuseurs pour qu'on en parle et qu'on travaille ensemble. Même si ça peut paraître utopique, il faut développer la demande pour qu'il y ait plus de monde, pour ne pas que chacune des salles de spectacle ne finisse par manger ses bas. »

Marc Gourdeau qui siège au conseil de la culture aurait aussi souhaité être informé du projet du Phare et il ne cache pas son inquiétude. « C'est comme une surprise, hier, quand on a vu l'annonce. Ça reste un privé qui le fait avec son argent, semble-t-il, sans aide public. Il a droit de le faire. »

Mais pour nous la question c'est : est-ce qu'il y a place et comment ça s'inscrit en ce moment?

Marc Gourdeau,

Joint au téléphone, le directeur général de la Salle Albert-Rousseau, Claude Desormaux, souligne pour sa part que « le dollar loisir a atteint son maximum. »

De nombreux diffuseurs de spectacles ont soulevé des craintes à cet effet cet automne dans le cadre de la consultation publique en vue du renouvellement de la politique culturelle du Québec.

Un projet « privé », souligne Labeaume

Le directeur de création de la future salle de concert multimédia, le pianiste Steve Barakatt, qualifie pour sa part le projet du Phare de « complémentaire ». Il n'a pas l'intention de concurrencer les salles existantes et entend créer un spectacle permanent destiné à une clientèle « récréotouristique » comparable à ce qu'offre le Cirque du Soleil.

Souhaitant devenir un « incubateur de projet », Steve Barakatt souligne que la nouvelle salle, financée à 100 % par le privé, peut difficilement se prêter aux critiques.

Le privé risque des fonds privés qui ne coûtent rien à la population

Steve Barakatt, directeur de la création de la salle de concert du Phare

« Si jamais il y avait conclusion qu'il y a trop de salles de spectacle, je pense que ce n'est vraiment pas vers le privé qu'il faut se tourner en disant : il y a trop de salles de spectacle. Il n'y en a que deux salles du genre: le Capitole de Québec et il va y avoir cette salle-là », souligne Steve Barakatt.

Questionnée à ce sujet mercredi, le maire Régis Labeaume ne s'inquiète pas pour sa part d'une saturation du nombre de salles à Québec.

« C'est sûr que les gestionnaires des salles sont un peu inquiets. Sauf que la majorité des salles aussi vivent de l'argent public beaucoup ici. Alors, je ne peux pas être malheureux qu'une entreprise privée ait sa salle de spectacle », a dit le maire Labeaume mercredi.

Le complexe multimédia du Phare offrira aussi un studio d'enregistrement destiné aux artistes et musiciens. L'ouverture de la salle est prévue pour 2021.

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