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La SQ remplace ses balles de plastique par des projectiles aussi controversés

La Sûreté du Québec (SQ) renonce à utiliser les balles de plastique qui ont causé des blessures graves dans le passé. Les policiers seront dorénavant équipés d'une nouvelle arme d'impact, qui utilise des projectiles qui sont aussi dangereux.

Par Sylvie Fournier et Gaétan Pouliot d’Enquête

Les unités d’intervention déployées en contrôle de foule seront désormais équipées d’un projectile appelé BIP (Blunt Projectile Impact) qui se déforme lors de l’impact, réduisant ainsi les risques de blessures.

Le nouveau projectile n’est toutefois pas sans danger. « Malgré sa réputation sécuritaire, l’atteinte par ce projectile de zones corporelles vulnérables comme la tête, le cou ou le thorax, pourrait entraîner des blessures graves ou mortelles », conclut un rapport de recherche divulgué au début de l’année par le ministère québécois de la Sécurité publique, et réalisé par l’École nationale de police.

Le projectile est compatible avec le lanceur de balles de défense GL06 du fabricant suisse Brügger & Thomet. Il est de plus en plus utilisé par les corps policiers en Amérique du Nord, dont la police de Montréal, de Québec et de Toronto.

Les policiers de la SQ n’utiliseront donc plus les balles de plastique de type AR-1. Ce changement survient dans un processus de « modernisation » des équipements de la police provinciale, affirme le porte-parole de la SQ Jason Allard.

« Toute arme d'impact peut être dangereuse », admet le lieutenant Allard, expliquant que le lanceur GL06 doit être utilisé seulement lorsqu’il y a une « menace ou un danger imminent de blessures corporelles » pour un policier ou un autre manifestant.

À moins qu’un autre événement nécessite la présence d’armes d’impact, le GL06 sera déployé pour la première fois lors du sommet du G7 à La Malbaie, dans Charlevoix, en juin.

En janvier, Enquête révélait qu’un policier de la Sûreté du Québec avait manqué de prudence et de discernement dans l’usage de son arme lors de la manifestation de Victoriaville en 2012. Le Comité de déontologie policière lui reproche d’avoir causé des blessures graves à des manifestants qui ne posaient pourtant aucun danger. L’un d’eux avait d’ailleurs frôlé la mort.

Le ministère de la Sécurité publique a fait l’objet de deux poursuites en dommages, qui se sont soldées par des règlements à l’amiable.

Des armes controversées

Les armes d’impact à projectiles font toujours l’objet d’une vive controverse dans la plupart des pays industrialisés, rappelle le Dr Homer Venters, membre d’un groupe de médecins récipiendaire d’un prix Nobel de la paix, Physicians for Human Rights. Leur usage lors d’une manifestation provoque généralement une escalade de violence.

« Il est nécessaire d’élever le niveau de formation des policiers et la sévérité des règles d’utilisation de ces armes », dit le Dr Venters, qui insiste sur l’importance d’avoir la tenue d’enquêtes indépendantes lorsqu’elles causent des blessures graves ou des morts.

Au Québec, les règles qui régissent l’usage des armes d’impact à projectiles ont été assouplies ces dernières années.

Aucun cas n’a fait l’objet d’une enquête indépendante, la police ayant toujours affirmé dans le passé ne pas être responsable des blessures causées à Victoriaville.

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