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La tragédie des Éboulements a bouleversé l'industrie du transport

En 20 ans, la sécurité entourant le transport lourd s'est grandement améliorée. La tragédie des Éboulements, qui a coûté la vie à 44 personnes en 1997, a amené une véritable prise de conscience chez les différents acteurs de l'industrie routière.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

« Il y a eu un changement extraordinaire dans l'attitude des propriétaires des compagnies de transport face à la sécurité de leurs véhicules, face à la formation et face aux respects des êtres humains », affirme le coroner Luc Malouin, qui a été chargé de l’enquête publique sur l’accident, toujours considéré comme la pire tragédie routière au pays.

Le 13 octobre 1997, 43 membres du Club de l’Âge d’Or de Saint-Bernard, en Beauce, ont péri lorsque l’autocar dans lequel ils se trouvaient s’est retrouvé dans un ravin, au bas de la grande côte des Éboulements, dans Charlevoix. Le conducteur, André Desruisseaux, a également perdu la vie dans l’accident.

« Ce matin-là, le conducteur avait dormi seulement 4 h pendant la nuit […] Il n'a pas vraiment arrêté pour vérifier l'état de ses freins et il a embarqué dans la côte des Éboulements. Il a manqué de freins. Ça se résume à ça », rapporte Me Malouin.

23 recommandations

Au début de son enquête, le coroner voulait évaluer l'état dans lequel se trouvait le conducteur et le niveau d'entretien de l'autocar. Luc Malouin était loin de se douter que son enquête allait bouleverser l'industrie du transport lourd.

« J'ignorais à ce moment-là qu’on ouvrirait aussi grand vers toute l'industrie, vers la formation, vers l'absence quasi réelle de contrôle routier effectif. J'ignorais qu'on irait aussi large. »

Réductions des heures consécutives de conduite, formation des conducteurs, vérifications mécaniques plus fréquentes : 23 recommandations ont découlé de l’enquête publique du coroner Luc Malouin.

Coup de barre à la SAAQ

En 1997, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) a effectué près de 800 inspections sur des véhicules lourds. Quelques années après le drame, ce nombre est passé à 4191. Aujourd’hui, près de 1000 inspections mécaniques sont réalisées chaque année.

À la suite à la tragédie des Éboulements, environ 150 nouveaux contrôleurs routiers ont également été embauchés. « On a tous été formés en inspection mécanique ce qui fait qu'au lieu d'avoir quelques contrôleurs qui faisaient des inspections, on est tous devenus aptes à le faire », soutient Isabelle Gaudreault.

Les conducteurs de poids lourds doivent aussi avoir au moins 10 heures de repos par jour, dont 8 heures consécutives. « Ça, avant l'accident des Éboulements, c'était quelque chose qui n'était pas nécessairement appliqué », mentionne Mme Gaudreault.

Ordinateur de bord

Le coroner Luc Malouin souhaite maintenant que l’ensemble des véhicules lourds soient équipés d’un ordinateur de bord.

Cet appareil permet aux contrôleurs routiers d’avoir accès rapidement à une multitude d’informations sur l’état du véhicule et les capacités de son conducteur.

« Il y a tout le trajet du véhicule. Il a toutes les heures circulées. Le conducteur ne peut plus mentir au niveau de ses heures de conduites », affirme le coroner.

Le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard a investi près de 30 millions de dollars pour reconfigurer la côte des Éboulements au lendemain de la tragédie.

Même si cet élément ne faisait pas partie des recommandations du coroner Malouin, ce dernier reconnaît qu’il était inévitable.

« Ce qui était en jeu, c’est l’économie de cette région touristique. Jamais les Éboulements, Saint-Joseph- de-la-Rive et L'Isle-aux-Coudres ne se seraient remis de cet accident sur le plan économique et touristique », conclut Luc Malouin.

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