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La Ville de Québec accuse du retard sur les données ouvertes

En 2012, la Ville de Québec faisait figure de pionnière en lançant son portail de données ouvertes visant à stimuler l'innovation et améliorer la transparence de l'administration publique. Cinq ans plus tard, force est de constater qu'une foule de données demeurent inaccessibles. La capitale accuse même un retard sur plusieurs villes canadiennes.

Un texte de Jonathan Lavoie

Au chapitre des données ouvertes en 2016, la Ville de Québec arrive au 9e rang au pays, selon une analyse réalisée par Public Sector Digest. La capitale se situe loin derrière Edmonton, Toronto et Montréal, les trois villes au sommet du palmarès.

La différence est marquée notamment par la quantité de données disponibles. En 2012, la Ville de Québec proposait une cinquantaine de jeux de données sur son site. On en compte maintenant 64, de même que 54 sur le portail provincial lancé en avril 2016.

« Je pense qu’on a beaucoup de chemin à faire encore au niveau de la Ville de Québec pour mettre à jour et enrichir le catalogue de données ouvertes », tranche Selh Mellouli, professeur au Département des systèmes d'information organisationnels de l'Université Laval.

Pas de données financières

Au-delà de la quantité d’information disponible, la pertinence et l’utilité de celle-ci soulèvent aussi des questions. À Québec, il est possible de consulter facilement la liste des bornes-fontaines et des arbres répertoriés sur le territoire. On ne retrouve toutefois aucune donnée financière en ligne et très peu d'informations sur les services d'urgence ou les services aux citoyens.

À titre de comparaison, la Ville de Toronto publie chaque année la liste complète des contraventions de stationnement remises aux contrevenants. Montréal publie pour sa part l’ensemble des contrats octroyés par la Ville, et Calgary propose un historique complet des accidents de la route survenus sur son territoire.

« Il ne faudrait pas que la Ville de Québec perde sa place, ni au niveau canadien ni au niveau international, commente Sehl Mellouli. Je pense qu’il y a un effort à faire et ça ne sera que bénéfique, pour la ville, pour le citoyen et pour l’activité économique. »

Le directeur général de l’Institut de gouvernance numérique abonde dans le même sens. Selon Jean-François Gauthier, la Ville aurait tout à gagner à se doter d’une stratégie numérique efficace.

« Avec les nouveaux outils numériques, il y a moyen de se connecter beaucoup mieux avec nos citoyens, nos parties prenantes, pour en arriver à prendre de meilleures décisions. Mais surtout de développer à court terme des services avec le numérique qu’on ne pouvait pas penser développer, il y a de cela à peine quatre ou cinq ans. »

L'application Copilote, qui permet aux automobilistes de payer leur stationnement à distance, est un bel exemple du type de services qui pourraient être développés à coûts modiques à partir des données ouvertes.

Peu de ressources

La Ville de Québec précise que seule une petite équipe de deux ou trois employés travaille actuellement à temps partiel sur les données ouvertes.

Au cours des dernières années, la Ville a surtout mis l’accent sur la standardisation des données existantes, notamment pour qu’elles puissent être publiées sur le portail provincial.

« C'est pour ça qu'on a eu un petit ralentissement dans la publication de nouveaux jeux. On voulait s'assurer que les jeux de données étaient de qualité », explique Frédéric Martel, responsable de l'architecture d'entreprise à la Ville de Québec.

À court ou moyen terme, de nouvelles données portant sur le transport, le déneigement, la sécurité publique, les services aux citoyens et l’environnement devraient être libérées par la Ville.

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