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La Ville fera une offre sur le terrain d'Anacolor

Dès cette semaine, la Ville de Québec fera une offre pour acheter le terrain d'Anacolor, une usine de peinture à l'origine de nombreuses plaintes pour les odeurs nauséabondes qui s'en dégagent.

« On va lui offrir le prix que vaut son terrain, moins la décontamination, s'il y en a, mais notre sentiment, c'est qu'il y en aurait. C'est l'offre qu'on va lui faire cette semaine », indique le maire Régis Labeaume.

Du même souffle, la Ville indique qu'une proposition de changement de zonage a été déposée au conseil d'arrondissement. Le terrain d'Anacolor et le terrain adjacent, autrefois un garage municipal, seraient convertis en zone résidentielle plutôt qu'industrielle. La proposition fera l'objet d'une consultation publique le 2 novembre.

Le président de l'arrondissement Saint-Foy-Sillery-Cap-Rouge, Rémy Normand, précise qu'avec cette modification de zonage, l'entreprise perdra ses droits acquis et ne pourra pas reconstruire en cas de sinistre. « Ils auraient eu droit de reconstruire. Alors ce qu'on fait, on retire ce droit-là avec la modification de zonage qu'on introduit. »

Entre mars 2013 et août 2014, Anacolor a reçu cinq avis de non-conformité du ministère de l'Environnement qui, dans son dernier certificat d'autorisation publié en septembre, oblige l'entreprise à diminuer ses émissions polluantes de 90 % d'ici le 1er février.

Le propriétaire de l'entreprise, Éric Nadeau, conteste cette exigence devant le Tribunal administratif du Québec. Vendredi, il a néanmoins déclaré qu'il serait enclin à vendre son terrain de Cap-Rouge pour déménager son entreprise dans un parc industriel s'il recevait une offre acceptable.

L'opposition demande à la Ville de sévir

Avant que le maire ne propose d'acheter le terrain, l'opposition à l'hôtel de ville a fait une sortie médiatique pour dénoncer l'inaction de l'administration Labeaume dans ce dossier.

La Ville de Québec aurait-elle fermé les yeux sur les pratiques de l'usine de peinture Anacolor parce que l'entreprise réalisait des travaux pour la construction de l'amphithéâtre ? C'est la question qu'a lancée l'opposition municipale aux élus d'Équipe Labeaume.

« Pourquoi la Ville a-t-elle donné un contrat à une entreprise qui contrevenait à la loi et ses règlements en 2013 et qui était non-conforme? Pourquoi l'administration Labeaume n'a-t-elle pas agi pour protéger la santé des citoyens? », a questionné le chef de l'opposition, Paul Shoiry.

Il rappelle que depuis qu'Anacolor a augmenté sa production en 2013, l'usine de peinture située dans le secteur Cap-Rouge a fait l'objet de plus de 150 plaintes pour les odeurs nauséabondes.

C'est d'ailleurs en octobre 2013, à titre de sous-traitant pour Epsylon Concept inc., qu'Anacolor s'est vu confié le contrat pour la peinture du revêtement extérieur du Centre Viéotron.

Paul Shoiry insiste sur le fait que dès les premières infractions, la Ville aurait eu les moyens de sévir contre Anacolor en vertu du règlement municipal sur les nuisances. Avec ce règlement, la Ville serait en mesure de donner une amende de 2000 $ à Anacolor pour une première infraction et de 4000 $ par jour pour les infractions subséquentes.

« Ce n'est pas parce que la Ville n'a pas les moyens de le faire. Ce n'est pas parce que la Ville ne sait pas comment faire. Je pense qu'il y a un manque de volonté dans ce dossier », dénonce Paul Shoiry.

« Ridicule », réplique Régis Labeaume

Le maire Labeaume a tourné la sortie de l'opposition en ridicule. « Je ne le croyais pas jusqu'à ce que je le lise, a laissé tomber le maire. Je ne pensais pas qu'on pouvait se rendre aussi bas. Je n'en reviens pas. Les gens n'ont pas peur du ridicule. »

Régis Labeaume assure qu'il n'a appris que tout récemment qu'Anacolor avait réalisé des travaux de peinture pour le Centre Vidéotron.

Il insiste aussi sur le fait que le règlement municipal sur les nuisances était difficilement applicable puisqu'il s'agit d'une loi du ministère de l'Environnement qui aurait préséance.

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