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La violence en baisse dans les écoles du Québec, selon une étude

Les agressions à caractère violent et l'intimidation sont en baisse dans les écoles du Québec. L'Enquête nationale sur la violence à l'école 2013-2015, dont les résultats sont dévoilés mardi à Québec, révèle des changements notables dans les comportements des élèves, particulièrement au primaire.

Un texte d'Alexandre Duval

Les insultes, les bousculades, les menaces sur le chemin de l'école et les propos à caractère homophobes étaient moins fréquents chez les élèves du primaire en 2015 qu'ils ne l'étaient deux ans auparavant, explique Claire Beaumont, directrice de la Chaire de recherche de l'Université Laval sur la sécurité et la violence en milieu éducatif.

« En moyenne, dans une école, les comportements ne se détériorent pas depuis les deux dernières années. Ça ne vaut pas du tout dire que les adultes ne sont pas agressés ou qu'il n'y a pas d'élève au comportement violent, mais les enfants nous disent qu'au niveau des insultes, menaces et tout ça, il n'y a pas de de détérioration. »

Une différence selon le sexe est toutefois observée. La violence sociale et les insultes sont en diminution chez les filles du primaire, mais pas chez les garçons, selon l'étude menée par des chercheurs de l'Université Laval.

Au secondaire, les diverses formes de violence subies par les élèves sont restées stables de 2013 à 2015. Les statistiques laissent néanmoins entrevoir un nombre moins élevé d'insultes et de vols, notamment.

Des lieux jugés plus sécuritaires

Par ailleurs, les élèves de tous les niveaux soutiennent que les lieux qu'ils fréquentent leur semblent aujourd'hui plus sécuritaires. Chemin de l'école, transports scolaires, service de garde et toilettes : ces endroits étaient considérés « à risque » par un nombre moins important d'élèves en 2015 qu'en 2013.

Ironiquement, le terrain de l'école demeure l'endroit où le plus grand nombre d'élèves du primaire disent se sentir « à risque ». Au secondaire, les fameux casiers seraient l'endroit le plus craint.

Du racisme à l'école?

Malgré les gains réalisés par rapport à plusieurs comportements, une détérioration importante a été observée en regard aux conflits entre groupes ethniques qui sont plus fréquents. Tant au primaire qu'au secondaire, une hausse modérée de ce type de conflits a été rapportée par les élèves et les enseignants.

Les élèves du primaire notent également que des groupes de jeunes semblent imposer plus facilement leurs règles en 2015 que ce n'était le cas en 2013.

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, se dit préoccupé. Il rappelle que l'amélioration des comportements est l'affaire de tous : écoles, enseignants, ministère et parents.

« Je veux le dire aux enseignants, je suis préoccupé. Il faut qu'ils aient la capacité d'enseigner librement, d'enseigner en toute sécurité et avec une certaine paix pour être capables d'offrir leur matière aux enfants et ça concerne aussi les parents. Je suis parent et il y a des choses que je ne tolèrerais pas de mes propres enfants », illustre-t-il.

L'utilisation du cellulaire en hausse

Même si le phénomène de cyberintimidation n'a subi aucune hausse entre 2013 et 2015, la proportion de jeunes possédant un téléphone cellulaire a augmenté de façon importante.

En 2013, 61 % des jeunes du primaire disaient posséder un téléphone cellulaire, comparativement à 76 % en 2015. Au secondaire, l'augmentation est tout aussi importante : 77 % des jeunes possédaient un téléphone en 2013, comparativement à 88 % en 2015.

Les élèves du secondaire rapportent aussi être plus nombreux à avoir accès à Internet sans la surveillance d'un adulte, tant à la maison (96 %) qu'à l'école (53 %).

Plus de prévention

Les résultats généralement positifs dévoilés dans l'Enquête nationale sur la violence à l'école 2013-2015 coïncident avec diverses actions posées pour mieux prévenir et gérer les situations de violence.

Tant au primaire qu'au secondaire, davantage d'activités éducatives et de discussions sont aujourd'hui tenues à la suite d'événements violents survenus à l'école.

Les enseignants du secondaire disent également consulter plus fréquemment un professionnel ou un collègue pour prévenir les comportements violents des élèves.

En 2012, le gouvernement du Québec adoptait la Loi visant à combattre l'intimidation et la violence à l'école. En vertu de celle-ci, tous les établissements d'enseignement, publics comme privés, ont notamment été tenus d'adopter un plan de lutte contre l'intimidation et la violence.

La Commission scolaire des Premières-Seigneuries à Québec travaille actuellement à mieux outiller les enseignants face aux comportements violents, un phénomène jugé grandissant par la direction de la Commission scolaire.

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