Après avoir analysé les déplacements des automobilistes entre Québec et Lévis, le maire Régis Labeaume conclut que la capacité des ponts est « clairement dépassée » et qu'un troisième lien devrait être construit dans l'ouest des deux villes, donc près des deux ponts actuels.

La Ville de Québec a présenté vendredi matin le portrait de la circulation routière à Québec et Lévis aux heures de pointe. Six heures d'images aériennes ont été captées les 28 et 29 septembre derniers dans des « conditions parfaites », donc sans entrave ni accident. Mais la congestion est malgré tout importante sur plusieurs axes routiers.

Selon les chiffres avancés, 18 100 automobilistes font le trajet Lévis-Québec chaque matin, soit trois fois plus que ceux qui font le parcours inverse.

De plus, les  trois quarts des Lévisiens (76 %) qui viennent à Québec proviennent des arrondissements près des ponts et se dirigent en forte majorité (76 %) dans le secteur ouest de la capitale. Des statistiques qui démontrent, selon le maire, qu'un éventuel troisième lien ne devrait pas être situé dans l'est.

« Pour la Ville de Québec, il est évident que le troisième lien doit être dans l'ouest et peut-être idéalement à la hauteur des ponts », affirme le maire Labeaume. Le fleuve étant plus étroit à cet endroit, il pense aussi que la facture pourrait être moins élevée.

Il soumet également l'idée d'un pont au lieu d'un tunnel, rappelant le coût estimé à au moins 4 milliards de dollars pour un lien sous-fluvial dans l'est.

Selon les données compilées, il y a eu une augmentation de près de 22 % des véhicules sur les deux rives au cours des 10 dernières années, ce qui représente près de 100 000 voitures de plus sur les routes

Les statistiques présentées proviennent principalement de l'enquête Origine-Destination du ministère des Transports, qui remonte à 2011.

Accélérer d'autres projets

Toutes ces données font dire à Régis Labeaume qu'il faut également « accélérer » la réalisation des autres projets pour améliorer la circulation, comme la reconfiguration de la tête des ponts, le SRB, l'élargissement de l'autoroute Laurentienne et la gestion artérielle des feux de circulation. 

« Pour nous, il y a urgence de réaliser tous ces projets-là. Et on demande que tous ces projets soient accélérés », a lancé le maire Régis Labeaume, interpellant le gouvernement provincial.

Il en a profité pour rappeler que le « spaghetti » à la tête des ponts n'est toujours pas reconfiguré. « Ça fait cinq ans et demi qu'on l'a annoncé, il n'y a pas de livraison. »

D'autres chiffres à venir

Le ministre des Transports Laurent Lessard dit être en attente des plus récentes données sur la circulation sur les ponts avant de prendre position.

Il a demandé à son ministère de lui fournir le portrait des déplacements des automobilistes de 2012 à 2015, donc après la dernière enquête Origine-Destination. Il attend ces informations la semaine prochaine.

« C'est ça qui doit guider le choix pour la suite », a fait valoir le ministre Lessard.

Le ministre estime par ailleurs qu'il faudrait parler d'un cinquième lien, plutôt qu'un troisième. « Si je sais compter : deux ponts, un traversier et un Service rapide par bus, ça fait quatre. Alors on cherche le cinquième. »

La démonstration du maire Labeaume n'a pas convaincu non plus son homologue de Lévis. Le maire Gilles Lehouillier veut lui aussi prendre connaissance d'autres analyses.

La Ville de Lévis a d'ailleurs commandé une étude avec d'autres organisations de Chaudière-Appalaches, dont les résultats sont attendus d'ici le début de décembre.

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