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Labeaume veut revoir le rôle des arrondissements de A à Z

La Ville de Québec s'apprête à revoir de fond en comble l'organisation des services offerts par les arrondissements afin de mettre fin à l'« incohérence totale » découlant des fusions municipales.

Un texte de Louis Gagné

Le maire Régis Labeaume a profité du début des audiences publiques portant sur le projet de loi 109, lundi, pour présenter les changements qu'il entend apporter au fonctionnement de la Ville.

Le maire propose de confier la gestion exclusive des services aux arrondissements les plus performants. Par exemple, l'arrondissement de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge serait responsable du déneigement pour l'ensemble du territoire de la ville, tandis que celui de La Haute-Saint-Charles hériterait de la collecte des matières résiduelles.

Selon Régis Labeaume, ce « décloisonnement » permettra de mieux coordonner les services et de les rendre plus performants, tout en réalisant des économies « de quelques millions » de dollars. Il martèle que le cadre légal hérité des fusions municipales, au début des années 2000, a « atteint ses limites ».

Pour illustrer les contraintes liées à l'organisation actuelle des services, le maire a cité en exemple le déneigement de la Grande Allée.

« Il est déjà arrivé qu'un côté de la rue Belvédère, le déneigement soit parfait, et de l'autre, selon les termes du contrat entre l'arrondissement et le fournisseur, le déneigement se réalisait plus tard. L'offre de services se trouve ainsi inégale parce que l'axe routier est à cheval sur deux arrondissements. C'est une incohérence totale », a dénoncé Régis Labeaume.

Le maire a indiqué qu'il n'attendait plus que l'adoption du projet de loi 109, qui doit accorder le statut de capitale nationale à la Ville de Québec, pour aller de l'avant avec sa réforme. Il a expliqué que le cadre légal existant ne lui permettait pas de confier les services à un seul « champion », puisque les conseils d'arrondissement pourraient s'y opposer.

Le maire a reconnu que sa réforme entraînerait des compressions de postes. Il a toutefois assuré qu'aucun employé ne perdrait son emploi.

« On coupe des postes, mais on ne coupe pas des emplois, c'est bien différent », a-t-il insisté.

Le maire a par ailleurs tourné en dérision les critiques de l'opposition officielle selon lesquelles le projet de loi 109 affaiblirait les pouvoirs des conseils d'arrondissement.

« L'idée qu'on vide les arrondissements, c'est complètement ridicule parce qu'on additionne aux arrondissements des tâches spécifiques. On ne vide pas les arrondissements. En fait, c'est complètement le contraire », a-t-il tonné.

Les audiences publiques sur le projet de loi 109 se poursuivent mardi à l'Assemblée nationale. Les parlementaires entendront notamment le chef de l'opposition officielle à l'hôtel de ville de Québec, Paul Shoiry.

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