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Lac Saint-Charles : Québec cherche à réduire les sels de déglaçage


L'administration Labeaume veut s'attaquer à la quantité de sels de déglaçage épandus sur les routes du bassin versant du lac Saint-Charles. La mesure fait partie du plan d'action pour protéger la principale source d'eau potable de la Ville présenté lundi soir. Pour les groupes environnementaux, il est temps d'agir.

Le maire Régis Labeaume indique que plusieurs scénarios seront envisagés pour réduire l'utilisation de sels de déglaçage. Il veut entamer des discussions avec le ministère des Transports.

« Est-ce qu'on est capable de trouver une autre recette où il y a le moins de chimique possible? Du gravier seulement? On est en train de réfléchir à trouver la meilleure formule pour allier sécurité et non-contamination », explique Régis Labeaume.

Le maire évoque la possibilité de développer un programme de « routes blanches », sur lesquelles l'épandage de sel serait proscrit, comme le fait déjà la municipalité de Lac-Delage.

Selon l'Association pour la protection de l'environnement du lac Saint-Charles (APEL), 1000 tonnes de sel de plus sont utilisées chaque hiver depuis l'élargissement de la route 175.

La directrice de l'organisme, Mélanie Deslonchamps, estime que la Ville va dans la bonne direction. Elle suggère de s'inspirer de ce qui se fait notamment dans les pays scandinaves où existent des routes blanches à vitesse réduite.

« C'est vers là qu'il faut aller, parce que les alternatives comme le jus de betteraves [qui peut être utilisé comme déglaçant], ou autres, ça a toujours un autre impact. Ça ne sera pas le même impact que le sel, mais ça va avoir quand même un impact », affirme-t-elle.

Le chercheur Reinhard Pienitz du Centre d'études nordiques de l'Université Laval est du même avis. La meilleure mesure est d'« adapter nos comportements, nos habitudes pour le bien de l'environnement », soutient-il.

Le CAA-Québec rappelle qu'il faudra établir des « paramètres très clairs et précis » pour s'assurer que la sécurité routière ne soit pas compromise, fait valoir son porte-parole Philippe Saint-Pierre.

Mélanie Deslonchamps affirme que cette mesure doit être réalisée conjointement avec la réduction du nombre de fosses septiques ou leur amélioration. Elle croit d'ailleurs que le raccordement des usines d'épuration des eaux usées de Lac-Delage et de Stoneham à celles de Québec est essentiel dans un horizon d'environ 10 ans.

« Il faut améliorer celles qui ne sont pas aux normes pour diminuer les apports en phosphore et en azote dans le lac Saint-Charles. »

Mélanie Deslonchamps croit que les cinq prochaines années seront déterminantes pour enrayer la dégradation du lac. « Après, il sera trop tard », avance-t-elle.

Nature Québec croit que le plan présenté par la Ville, dans son ensemble, n'est pas suffisant pour protéger l'eau du lac Saint-Charles, puisqu'une grande partie du territoire avoisinant le lac Saint-Charles relève d'autres municipalités. Il affirme aussi que le gouvernement doit en faire une priorité.

La Ville de Québec a annoncé un plan d'action qui comprend des investissements de 13 millions de dollars d'ici 2019 pour protéger le lac Saint-Charles.

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