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Lafrenière « a mis les libéraux à genoux », affirme Zambito

Lino Zambito a affirmé mercredi que les arrestations de Nathalie Normandeau et de Marc-Yvan Côté ont été orchestrées par le chef de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière.

Un texte de Yannick Bergeron

« C'était un calcul de M. Lafrenière. Il a mis à genoux les libéraux », a affirmé l'homme d'affaires.

Zambito a été appelé à la barre des témoins dans le cadre de la requête en arrêt des procédures réclamée par la défense en raison des fuites médiatiques.

Lino Zambito s'est dit surpris d'avoir été interrogé par les enquêteurs de l'UPAC le 23 décembre 2015.

« J'ai dit : "ça presse parce que ça prend un gros bonnet pour renouveler le mandat de votre patron" », a déclaré le témoin vedette de la commission Charbonneau.

Il a expliqué que le sourire alors échangé par les enquêteurs a confirmé ses prétentions.

Au mois de mars suivant, l'UPAC procédait aux arrestations de Nathalie Normandeau et de Marc-Yvan Côté, la journée même du budget provincial.

Le gouvernement confirmait peu de temps après que Robert Lafrenière conservait son poste à la tête du corps policier.

Guy Ouellette va témoigner

Selon Zambito, le député Guy Ouellette lui aurait confié que le gouvernement avait un autre candidat en vue, soit Denis Gallant, un ancien procureur de la commission Charbonneau.

Rapportant les propos de Guy Ouellette, il a affirmé que c'est le premier ministre Philippe Couillard qui l'avait écarté alors que Me Gallant était le choix du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

« Il se l'est fait imposer, il [Coiteux] n'était pas content », a rapporté le témoin.

Questionné au parlement, Martin Coiteux a réfuté les allégations sans vouloir les commenter.

Lino Zambito était encadré de plusieurs policiers dans ses déplacements au palais de justice puisqu'il bénéficie du programme de protection des témoins de la Sûreté du Québec.

L'avocat de Marc-Yvan Côté a annoncé qu'il allait avoir trois témoins supplémentaires dans le cadre de sa requête, dont le député de Chomedey, Guy Ouellette. Ce dernier doit témoigner jeudi après-midi.

Des victimes

L'enquêteur principal du dossier Joug, qui a mené aux arrestations de Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté, considère qu'ils sont devenus des victimes.

Mathieu Venne s'est dit bouleversé par le battage médiatique qui a suivi leur arrestation. « Je trouvais qu'ils ne méritaient pas ça », a expliqué le policier.

L'enquêteur était interrogé par l'avocat de Marc-Yvan Côté, Me Jacques Larochelle, dans le cadre de sa requête en arrêt des procédures en raison des fuites médiatiques.

L'implication de Sam Hamad

Mathieu Venne a expliqué que l'enquête Joug a commencé avec des allégations concernant l'implication de Marc-Yvan Côté dans le financement politique de Sam Hamad.

Cette partie du dossier sera mise de côté par ses supérieurs « parce que ça devient trop gros et il faut atterrir [l'enquête] », a exposé l'enquêteur.

Mathieu Venne avait transféré la preuve concernant le député Sam Hamad sur un CD qu’il avait remis à un supérieur.

À la suite des arrestations de Normandeau et Côté, Enquête diffuse un reportage intitulé « Notre ami Sam », montrant des courriels échangés entre Marc-Yvan Côté et Sam Hamad.

Il s'est demandé si la fuite ne provenait pas de Marc-Yvan Côté, pour faire dérailler son procès.

Quand Me Larochelle lui a demandé s’il sait qui aurait pu être à l'origine des fuites, l'enquêteur Venne a dit qu’il n’en avait pas la moindre idée avant le 25 octobre dernier.

« Depuis le 25 octobre, j'ai un gros soupçon », a indiqué Mathieu Venne, en confirmant à Me Larochelle que ce soupçon correspond à la date de l'arrestation de Guy Ouellette.

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