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Laurence St-Germain, du succès sur les pentes et les bancs d'école

Sur le circuit de la Coupe du monde, Laurence St-Germain fait figure d'oiseau rare. La skieuse de l'équipe canadienne conjugue à la fois la vie d'athlète professionnelle et d'étudiante à temps plein.

Un texte de Alexandre Gascon

Deux vies en apparence irréconciliables. À ce niveau, pour atteindre leur plein potentiel, les skieuses se concentrent généralement sur leur prise de carres, leur attaque de la pente, leur négociation des virages.

St-Germain l'avoue d'emblée, « je suis un peu spéciale ».

« Je vais à l'école. C'est assez rare, il n'y a pas beaucoup de monde sur la Coupe du monde en ce moment qui étudie à temps plein à l'université, mais je suis fière de ça. Ça va bien, je suis à ma troisième année, je devrais terminer l'année prochaine, c'est le fun. »

L'étudiante en sciences informatiques à l'Université du Vermont souhaite démontrer, pour sa deuxième saison sur l'équipe nationale, qu'elle y a sa place, qu'elle peut offrir de la stabilité à sa sélection compétition après compétition.

Les deux programmes ayant leurs exigences bien strictes, la jeune femme de 22 ans doit pratiquement minauder pour faire comprendre à l'un et à l'autre ses propres impératifs.

Outre l'avantage évident de préparer sa future transition de carrière, St-Germain y voit aussi un atout sportif.

« J'ai eu une blessure au Chili en septembre et j'ai manqué un camp d'entraînement. J'étais à l'école et ça m'a vraiment aidé à ne pas trop y penser, à ne pas être stressée que tout le monde s'entraîne pendant que je suis à la maison. J'ai mis mes efforts à 100 % dans ma rééducation et mon école. Ça m'a vraiment aidé à passer au travers de tout ça. »

Des débuts en dents de scie

L'an dernier, l'athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges, pépinière de skieurs en tous genres, a pris le 27e rang du slalom d'Aspen, au Colorado, à son tout premier départ en Coupe du monde. Une place parmi les 30 premières qui lui a permis de récolter ses premiers points de la Fédération internationale de ski (FIS).

Mais St-Germain n'a pas été en mesure de confirmer ses succès précoces. Elle n'a pu compléter le parcours d'aucune des sept manches suivantes en slalom.

L'année dernière, « mon but était de savoir où je me situais, de me retrouver. Cette année, je vise de me classer dans le top 30 à toutes les courses », précise celle qui se dit encore intimidée par les Lara Gut et autres Lindsey Vonn de ce monde, qu'elle fréquente maintenant sur le grand cirque blanc.

Au sein d'une équipe canadienne féminine jeune et renouvelée, St-Germain misera cette saison, comme la plupart de ses coéquipières, sur les épreuves techniques : le slalom et le slalom géant.

Comme tout le monde, elle voit les Jeux olympiques 2018 se pointer au détour de la montagne. Et elle y croit.

« Les Olympiques, c'est dans ma ligne de mire. Ceux en Corée (Pyeongchang 2018), c'est certain. Mais il y en a d'autres après. Je veux une médaille en Corée si je suis capable, mais c'est un gros objectif. Mais les prochains à Pékin (en 2022) par exemple... Je veux une médaille olympique dans ma carrière, c'est certain. »

Donc la carrière informatique, oui éventuellement, mais le ski d'abord et avant tout.

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