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Le Canada fait fausse route en accueillant des milliers de réfugiés, dit Le Pen

De passage à Québec dans le cadre de la Journée de la Francophonie, la présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, a livré un réquisitoire contre l'immigration, impassible devant les manifestants antifascistes qui ont protesté en marge de son discours.

Selon la présidente du parti français d'extrême droite, le Canada fait un choix « erroné » en accueillant des milliers de réfugiés. La politique d'accueil canadienne, notamment l'accélération des demandes des minorités religieuses, comme l'octroi de locaux pour la prière ou l'instauration de tribunaux religieux, a été adoptée sans tenir compte des conséquences, croit-elle.

Pour Marine Le Pen, « une société multiculturelle est une société conflictuelle ». La politicienne a même dit craindre que des terroristes ne s'infiltrent parmi les migrants.

La présidente du FN a par ailleurs dressé un portrait alarmant de la situation en France. « Nous n'avons pas d'emplois, nous avons sept millions de chômeurs [...] Notre système de protection sociale est en train de s'effondrer sur lui-même du fait de la politique d'austérité par l'Union européenne », a-t-elle déclaré.

Marine Le Pen a aussi remis en question le choix du gouvernement québécois d'accueillir 50 000 immigrants en 2016, un choix « erroné », selon elle. « Des milliers aujourd'hui, combien demain? », a-t-elle demandé.

Marine Le Pen se prononce sur la souveraineté

Le Front national défend la souveraineté du Québec, a par ailleurs mentionné Marine Le Pen. « Ceux qui au Québec portent aussi ce désir de souveraineté, obligatoirement, nous les regardons avec un oeil plutôt positif », a-t-elle confirmé, comparant le combat de la France contre l'Union européenne à celui du Québec contre Ottawa.

Elle a même assuré que son parti reconnaîtrait le Québec comme un État sur la scène internationale s'il prenait le pouvoir en France. « Je ferais cette reconnaissance à partir du moment où le peuple québécois aura fait son choix », a-t-elle affirmé en entrevue.

La présidente du FN a même fait référence au général Charles de Gaulle et son célèbre « Vive le Québec libre », perçu comme un appui majeur aux indépendantistes du Québec dans les années 60.

Pas la bienvenue à Québec

Une quinzaine de militants antifascistes et internationalistes ont perturbé le point de presse de Marine Le Pen, dans un hôtel de Québec, dimanche matin.

Les manifestants, qui s'identifient comme le groupe Les amiEs du chat noir turbulent, disent désapprouver les idées haineuses du Front national. Ils ont scandé des slogans tels que « La jeunesse emmerde le Front national » ou « Facho Le Pen ».

Devant la situation, Marine Le Pen a conservé son flegme. « Allez, les gamins, retournez vous coucher », leur a-t-elle lancé. La présidente du FN a ensuite déclaré qu'il s'agissait « d'un comportement inacceptable en démocratie ».

Une bousculade est survenue quand les agents de sécurité de l'hôtel ont escorté les manifestants hors de la salle de conférence pour permettre à la présidente du Front national de prendre la parole.

Marine Le Pen poursuit son voyage au Québec jusqu'à jeudi. Une partie de son séjour est à titre personnel, puis elle doit rejoindre une mission économique du Parlement européen qui l'amènera notamment à visiter une usine de Bombardier. Une autre conférence de presse est prévue mardi, dans un hôtel de Montréal.

Les positions du Front national sont qualifiées de xénophobes par plusieurs. Aucun des partis politiques québécois n'a rencontré Mme Le Pen jusqu'ici. Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a même dû se dissocier d'un groupe l'ayant rencontrée en s'identifiant comme des « jeunes du Parti québécois ».

« Que l'oligarchie québécoise et canadienne ne soit pas très heureuse de me voir, cela ne m'étonne pas une demi-seconde », a rétorqué Marine Le Pen. Elle dit même ne pas avoir cherché à les voir, étant plutôt ici pour rencontrer les Québécois.

« J'ai assez de notoriété pour pouvoir m'adresser directement aux Québécois sans avoir besoin de passer par tel ou tel élu », a-t-elle crâné.

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