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Le coéquipier de la policière Isabelle Morin témoigne

L'agent Christian Simard aura été le dernier témoin de la poursuite au procès de sa coéquipière, Isabelle Morin, accusée de conduite dangereuse causant la mort d'un motocycliste sur l'autoroute Laurentienne, en septembre 2015.

Un texte de Yannick Bergeron

Le 10 septembre 2015, l'agent Simard remplissait des rapports alors que l'accusée conduisait l'autopatrouille en direction du poste de police de la Haute-St-Charles, un peu plus d'une heure avant la fin de leur quart de travail qui se terminait à minuit.

Il se sentait en sécurité avec Isabelle Morin au volant, une policière avec qui il patrouillait à l'occasion et qui n'était pas imprudente au volant, selon lui.

Ce soir-là, il a remarqué la zone de travaux, mais dit ne pas vraiment avoir porté attention à la route jusqu'à ce que sa collègue s'engage dans la voie inverse pour rejoindre la sortie George-Muir.

« Je vois un phare, je crie attention attention, c'était inévitable, c'était déjà fait. La collision s'est faite à ce moment-là », a décrit le policier.

Après l'impact, l'agent Simard est en état de choc, incapable d'appeler les secours sur la radio, ce que l'accusée a fait.

« Je l'ai trouvé bonne de prendre les ondes », a indiqué le policier au sujet de l'accusée.

Il a remarqué dans le visage de la policière qu'elle est également en état de choc. C'est donc lui qui va porter secours au motocycliste Jessy Drolet qui ne montre aucun signe de vie.

Un « ACCIDENT »

L'agent Simard a été appelé à témoigner par la couronne, mais la défense en a profité pour déposer en preuve un courriel qu'il a écrit à l'accusé au lendemain de l'événement.

Le policier y précise qu'il va bien et qu'il n'est pas blessé physiquement, mais qu'il trouve ça difficile mentalement.

« Je suis avec toi à 100 % et je pense à toi, il s'agit d'un ACCIDENT » a -t-il écrit à sa coéquipière.

L'agent Simard a été en arrêt de travail pendant 3 jours, après l'événement.

Lors de son contre-interrogatoire, l'avocat de la policière a fait ressortir les trous de mémoires du coéquipier sur des éléments clés, comme la mise en marche ou pas des gyrophares.

« J'ai eu un choc nerveux il y a des choses que j'ai oubliées », s'est excusé l'agent Simard.

Le policier ne peut se rappeler à quel endroit la moto a heurté le véhicule patrouille.

« Ce n'est clairement pas dans ma porte, parce que je ne serais pas ici, aujourd'hui, pour témoigner », a exposé Christian Simard qui compte 13 années de service.

Audiences suspendues

Le procès va se poursuivre le 28 mai.

La couronne va alors tenter de faire admettre en preuve le rapport rédigé par l'accusée à la suite de l'événement, ce à quoi la défense s'oppose.

Ensuite, ce sera au tour de Me Jean-François Bertrand de présenter sa preuve. L'avocat d'Isabelle Morin compte sur un expert, Jean Grandbois, qui a aussi témoigné pour la défense au procès de l'agent Simon Beaulieu.

Ce dernier a été acquitté des accusations après avoir heurté à mort un cycliste dans le quartier St-Roch

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