La route a été longue et parsemée d'embûches avant que Jonathan Marchessault conforte sa place dans le circuit Bettman. Son ardeur au travail et sa détermination ont décidément été récompensées puisque l'attaquant est l'un des rouages importants de l'une des histoires les plus invraisemblables dans l'histoire de la LNH.

Un texte de Félix St-Aubin

Un joker parmi les as. La participation des Golden Knights de Vegas à la finale de la Coupe Stanley a de quoi en étonner plus d'un. En moins de douze mois, la formation du Nevada est passée d'inexistante à championne de l'Association de l'Ouest.

Le flair du directeur général George McPhee lors du repêchage d'expansion permet à l'organisation de flirter avec le Saint-Graal du hockey professionnel dès sa première saison d'existence. Marchessault est le premier surpris par cette étonnante réussite.

Les deux éléments notés par le Québécois qui caractérisent les Golden Knights font également partie de son coffre à outils. Il a dû faire preuve de résilience avant qu'on le considère comme un attaquant de pointe dans la LNH.

Ignoré au repêchage amateur, Marchessault a roulé sa bosse dans la Ligue américaine (LAH) durant plus de 300 matchs à l'issue d'un stage junior de quatre campagnes à Québec avant d'obtenir sa première réelle chance de se faire valoir.

Ses séjours avec le Whale du Connecticut, les Falcons de Springfield et le Crunch de Syracuse ont forgé son caractère et défini le joueur qu'il est devenu aujourd'hui.

« La dureté du mental, c'est ce que tu apprends quand tu joues dans la LAH. C'est vraiment difficile de performer chaque fin de semaine quand tu vois que tu n'as pas l'occasion de monter. C'est démoralisant, il y a certainement eu des phases grises pour moi, mais je pense que tu en sors plus fort. »

« J'étais tout le temps persuadé que si un jour j'avais une occasion de jouer dans la Ligue nationale, j'allais la saisir. C'est ça qui est arrivé », a-t-il enchaîné.

Encore sous-estimé

Marchessault a rapidement prouvé à ses détracteurs qu'il avait l'étoffe pour patiner avec les meilleurs hockeyeurs du globe.

Malgré tout, après un baptême plus que satisfaisant à Tampa Bay lors de la saison 2015-2016, où il a inscrit 18 points, dont 7 buts, en 45 matchs, le petit ailier gauche ne s'est pas entendu avec le Lightning et est devenu joueur autonome sans compensation.

Il a transporté ses pénates non loin au sud de Tampa, à Sunrise, pour amorcer le troisième chapitre de sa carrière professionnelle. Les Blue Jackets de Columbus lui avaient consenti son premier contrat en 2012, avant de l'envoyer sur la côte est américaine deux années plus tard.

Son arrivée dans le giron des Panthers a été couronnée de succès. Il a atteint le symbolique plateau des 30 buts, en plus d'ajouter 21 aides à sa fiche en 75 rencontres, pour boucler la campagne au 3e échelon des pointeurs de l'équipe floridienne derrière Vincent Trocheck (54 points) et Aleksander Barkov (52 points).

Aucun joueur des Panthers ne s'était approché un tant soit peu de ses 30 réussites, Trocheck le suivant avec 23 filets. Le directeur général Dale Tallon a toutefois jugé bon de ne pas le protéger en vue du repêchage d'expansion, lui préférant ainsi Barkov, Nick Bjugstad, Jonathan Huberdeau et Trocheck.

« Je n'en veux pas aux Panthers, je suis extrêmement reconnaissant envers l'organisation et tout le monde, surtout mes anciens coéquipiers. Je suis sorti de ça plus fort. »

Un marqueur de 30 buts, âgé de 26 ans à l'époque et coûtant 750 000 $ ne court pas les rues. Sans grande surprise, les Golden Knights ont profité de la situation et l'ont réclamé pour l'amener sur la Strip.

Parmi l'élite

Marchessault a confirmé son nouveau statut de joueur de premier plan avec des sommets personnels de 48 mentions d'assistance, 75 points et un différentiel de +36 en 77 confrontations lors des derniers mois.

« Ça, c'est l'histoire de ma vie. J'ai tout le temps voulu prouver que j'étais meilleur que ce que le monde pensait. Et je crois que je n'ai pas nécessairement déçu à plusieurs occasions. Je ne suis pas quelqu'un qui se contente de ce qu'il a accompli. Je veux plus », a expliqué celui qui a paraphé une entente de 30 millions de dollars pour 6 ans en janvier.

Le principal concerné a accentué son rythme de production durant les éliminatoires, surpassant même le point par rencontre jusqu'ici.

Les Golden Knights ont accédé à la finale de la Coupe Stanley après seulement 15 duels éliminatoires, 4 de moins que les Capitals de Washington, le dernier obstacle qui sépare Marchessault d'une année qui tutoie la perfection.

« La constance de notre équipe [nous a permis d'atteindre l'étape ultime], a-t-il soutenu. Ce n'est pas arrivé souvent qu'on perde deux ou trois matchs de suite durant la saison. On a constamment été en mesure de faire un reset et d'augmenter notre niveau d'intensité. »

Dès qu'il a mis les pieds dans le vestiaire de Vegas, Marchessault a immédiatement observé une distinction significative avec les trois précédents.

« La plus grosse différence, c'est qu'il n'y a pas de joueurs vedettes, de gros noms. Je pense qu'on est tous au même niveau et personne ne se prend pour un autre. On a beaucoup de fierté à être tous égaux et respectueux les uns envers les autres. »

Les Capitals peuvent compter sur l'un des joueurs les plus électrisants à avoir chaussé les patins en Alexander Ovechkin. Le Russe est en mission et tente de son côté de marquer l'histoire à sa manière.

« Il faudra être doublement discipliné, on ne pourra pas écoper de plusieurs punitions. Ils ont probablement l'un des meilleurs avantages numériques de la Ligue nationale depuis 5 à 10 ans. Ça, c'est en grande partie grâce au numéro 8. Si on peut neutraliser leur grosse ligne, on va avoir beaucoup de succès. »

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