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Le défi d'encourager le vote aux élections municipales

Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a lancé lundi une campagne publicitaire pour inciter les électeurs à se rendre aux urnes le 5 novembre. En 2013, moins d'un électeur sur deux (47,2 %) a exercé son droit de vote. À Québec, ils ont été un peu plus nombreux, avec un taux de participation de 54,9 %.

Un texte de Jonathan Lavoie

Tout comme aux élections provinciales, le taux de participation aux élections municipales est encore plus faible chez les jeunes. À Québec, ils ont été à peine un sur trois à s’exprimer dans l’isoloir aux dernières élections.

« Pour être allé dans différentes régions depuis deux ans, ce que j’entends auprès des jeunes c’est le manque d’information. Beaucoup ne se sentent pas concernés par les élections en disant : "On n’a pas la compétence", ou bien "On n’est pas scolarisé pour pouvoir" et ça c’est des choses qui me surprennent », dit en entrevue le directeur général Pierre Reid.

La campagne visant à inciter les citoyens à participer aux élections comporte un volet spécifique aux jeunes. « Il y a une approche jeune électeur. On veut que notre message soit adapté à cette clientèle d’électeur. On est présent sur les médias sociaux, où les jeunes sont, il y a une forme de discussions qui s’entreprend », ajoute Pierre Reid, qui se préoccupe de l'avenir de l'électorat.

François Gélineau, professeur au Département de science politique de l’Université Laval, s’inquiète aussi de voir le taux de participation décliner.

« Il y a une tendance à la baisse au fil du temps. Si cette tendance-là est due principalement à des changements dans la démographie de l’électorat, on va s’amener vers des taux de participation qui vont être de plus en plus faibles, ce qui peut devenir préoccupant », estime le professeur.

Pas de recette magique

Parallèlement aux efforts déployés par le DGEQ, la Ville de Québec a également lancé une campagne pour inciter l’ensemble de la population à se rendre aux urnes.

Il s’agit de la même campagne qu’en 2013, intitulée « L'outil pour bâtir ». Des affiches ont été installées la semaine dernière sur les autobus et les abribus, tandis que des publicités seront diffusées à la télévision et à la radio à compter du 16 octobre.

François Gélineau encourage bien sûr les municipalités à redoubler d’efforts pour encourager la participation, mais il croit que les autorités électorales « ont un impact assez limité ». L’efficacité des campagnes publicitaires pour encourager le vote n’a jamais été étudiée en profondeur, souligne-t-il.

« Les facteurs qui vont avoir le plus d’impact sont des facteurs qui touchent notamment l’intérêt pour les enjeux. Il faut que les gens soient interpellés par les enjeux, par l’élection, pour qu’ils décident de se déplacer le jour de l’élection. »

Bien que plusieurs thèmes soulevés depuis le début de la campagne soient susceptibles d’intéresser les jeunes, notamment les propositions en matière de transport collectif et d’environnement, le professeur ne s’attend pas à un meilleur taux de participation.

« Est-ce qu’on utilise les bons moyens pour communiquer avec les jeunes? Ça reste à voir, mais c’est sûr qu’en parlant de ces enjeux-là, on interpelle davantage cette clientèle, ce qui est une bonne chose […] Je ne m’attends pas à des résultats historiques, si je peux me permettre, parce que je ne vois pas ce qui est fondamentalement différent des autres campagnes », affirme M. Gélineau.

Taux de participation par circonscription

Des variations importantes dans les taux de participation s’observent aussi à l’échelle des circonscriptions électorales de la Ville de Québec : de 44,2 % dans Mazerets–Lairet à 62,7 % dans Cap-Rouge–Laurentien aux élections de 2013.

François Gélineau avance que les différences entre les circonscriptions peuvent être expliquées par des facteurs socio-économiques. De manière générale, les études tendent à démontrer que le revenu des ménages et le niveau de scolarité influencent la participation.

« Il peut y avoir une certaine corrélation, mais je ne peux pas l’affirmer hors de tout doute », nuance toutefois le professeur.

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