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Le député Amir Kadhir dépose une plainte contre Uber

Le député de Québec solidaire Amir Khadir, accompagné de quatre chauffeurs-propriétaires de taxi, a déposé ce matin une plainte officielle contre Uber auprès de l'escouade des crimes économiques de la Sûreté du Québec (SQ).

Le député réclame une enquête de la SQ sur les activités de l'entreprise qu'il qualifie de fraudes.

« Les pratiques d'Uber sont des pratiques commerciales trompeuses qui, au sens de la loi canadienne, constituent des infractions criminelles en matière de criminalité économique », a soutenu Amir Khadir à l'émission Première heure.

Le député souhaite que les deux dirigeants principaux de l'entreprise Uber au Canada, dont le directeur général des activités au Québec, Jean-Nicolas Guillemette, soient traduits en justice.

Des documents ont été remis aux enquêteurs au quartier général de la SQ à Québec.

« Nous nous en remettons à la Sûreté du Québec et souhaitons qu'une enquête soit instituée. Et nous voulons surtout que les conducteurs qui sont leurrés, qui sont trompés par Uber, [...] sachent que transporter des personnes sans avoir de permis, c'est illégal. Et que l'entreprise qui fait ça systématiquement pour frauder, c'est passible de poursuite », a dit Amir Kadhir lors d'un point de presse.

« Ça ne nous arrêtera pas », dit le directeur d'Uber Québec

Jean-Nicolas Guillemette n'est pas ébranlé par la plainte déposée ce matin.

« L'intimidation ne nous arrêtera pas. Clairement, M. Khadir a choisi son camp. Il a choisi celui des taxis. C'est correct d'avoir des opinions divergentes. Mais l'objectif de ça, c'est de nous faire peur. C'est de me faire peur à moi, et de faire peur aux gens qui sont ici aussi. »

M. Guillemette reproche à Amir Khadir de représenter les intérêts de l'industrie du taxi plutôt que ceux des citoyens, qui, dit-il, son nombreux à utiliser le service d'Uber.

Commission parlementaire

Bien que la commission parlementaire sur l'industrie de taxi s'amorce aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, le député de Québec solidaire ne croit pas que sa démarche soit prématurée. Il soutient au contraire que les travaux doivent porter sur les façons d'améliorer les services de taxi, et non pas sur la légalité d'Uber.

« Le ministre dit que c'est illégal, le maire Denis Coderre dit que c'est illégal, l'opposition dit que c'est illégal, et cette entreprise-là continue à nier l'évidence et à encourager des gens à contourner la loi », déplore Amir Khadir.

Le député rappelle que l'enquête réclamée à la SQ peut mener à des accusations et à des peines d'emprisonnement.

Des représentants des chauffeurs de taxi ont profité de l'occasion pour manifester ce matin, devant le parlement de Québec.

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