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Le développement du site patrimonial de Sillery contesté devant un tribunal

La légalité du programme particulier d'urbanisme (PPU) de Sillery sera débattue devant la Commission municipale du Québec dès ce matin. Les opposants aux développements des terres patrimoniales prétendent que le PPU n'est pas conforme au Schéma d'aménagement de la Communauté urbaine de Québec.

Des experts mandatés par un regroupement de citoyens et ceux de la Ville de Québec vont débattre de la question devant le tribunal administratif. Deux jours d'audiences sont prévus.

L'architecte et urbaniste Marcel Junius, l'urbaniste Michel Bonnette et l'historien Michel Lessard ont signé un rapport de 30 pages pour le regroupement de citoyens. Les experts en arrivent à la conclusion que le développement des grands domaines de Sillery favorise les promoteurs au détriment de la qualité de vie des résidents.

La Ville de Québec souhaite notamment permettre la construction de 800 logements sur une partie des grands domaines des communautés religieuses.

« Notre peur, nous autres, c'est qu'on soit un jour obligé de dire: "Citoyens de Sillery, pouvez-vous s'il-vous-plaît nous laisser, nous les promoteurs, développer comme on veut et enlever le statut qui est là, ça ne sert absolument à rien" », s'inquiète Louis Vallée, le président de la Société d'histoire de Sillery qui fait partie des groupes d'opposants.

La construction d'immeubles d'habitation en hauteur sur le site patrimonial va détruire les paysages et le caractère historique de Sillery, prétendent les experts. Ils avancent aussi que les valeurs essentielles qui ont justifié la création de l'arrondissement historique de Sillery en 1964 sont bafouées.

« Si on fait un site patrimonial au Québec normalement, c'est pour faire une mise en valeur. Dans le cas de plusieurs sites patrimoniaux, malheureusement, on leur a donné un statut sans jamais faire ce qu'il fallait pour les protéger », ajoute Louis Vallée.

Moins d'espaces verts

La disparition des espaces verts soulève aussi des inquiétudes. Les auteurs du rapport soulignent notamment que le développement immobilier va contribuer à augmenter la pollution et les îlots de chaleurs à Québec.

Dans son PPU, la Ville s'est engagée notamment à préserver une bande de terrain de 110 000 mètres carrés le long de la falaise des grands domaines des communautés religieuses.

Le regroupement de citoyens juge toutefois que la soixantaine de modifications apportées au PPU avant son adoption le 21 décembre sont nettement insuffisantes. Il souhaite que la Commission municipale du Québec se penche sur la question.

L'organisme a 60 jours après l'audience pour rendre sa décision. D'ici là, la Ville ne peut pas délivrer de permis.

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