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Le diplôme avant la médaille : favoriser la réussite scolaire par le sport

L'école secondaire Vanier, à Québec, a l'un des taux de décrochage scolaire les plus élevés de la province. Mais depuis quelques années, une jeune entraîneuse de basketball essaie d'inverser la tendance. Béatrice Turcotte-Ouellet a mis sur pied un programme grâce auquel 9 participants sur 10 obtiennent leur diplôme.

Béatrice Turcotte-Ouellet voulait savoir combien d’équipes de basketball pourraient être formées, à l’école secondaire Vanier. Pour trouver la réponse, elle a demandé les jeunes intéressés, réunis dans le gymnase, de se regrouper selon leur niveau scolaire.

« Il y a un jeune qui m’a demandé "Est-ce qu’on se place selon le secondaire qu’on est, ou selon le secondaire qu’on devrait être?" Je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de redoublement à cette école-ci », raconte-t-elle.

C’est comme ça qu’est née l’idée du Diplôme avant la médaille, un programme de réussite scolaire aujourd’hui enregistré comme organisme sans but lucratif.

Je me suis beaucoup inspirée du film Coach Carter qui a quand même marqué mon adolescence.

Béatrice Turcotte-Ouellet, directrice générale du Diplôme avant la médaille

Cette année, ce sont 93 élèves qui y participent et qui forment 7 équipes sportives en basketball, en soccer et en volleyball.

La réussite scolaire d'abord

Pour avoir du temps de jeu, les élèves doivent obtenir de bonnes notes. S’ils sont en difficulté, ils doivent assister à des séances d’aide au devoir.

Le nombre d’intervenants mobilisés est impressionnant. Les entraîneurs offrent des séances d’aide au devoir et la Maison des jeunes située près de l’école peut aussi les accueillir.

Le programme a aussi déniché des bénévoles de tous les horizons qui, chaque semaine, passent une heure avec le même jeune pour l’aider à réussir dans une matière précise.

« Ce sont des étudiants de l’université ou du cégep. Il y a aussi des anciens de [l’école] Vanier. Il y a des retraités. La première année, on en a eu 15. L’année passée, on en avait 30. Cette année, on en a 55 », commente Mme Turcotte-Ouellet.

Quand tout le monde croit en leur réussite, ça leur amène une énergie positive et eux aussi croient qu'ils sont capables de faire des grandes choses.

Béactrice Turcotte-Ouellet, directrice générale du Diplôme avant la médaille

Des jeunes qui se prennent en main

François Wema, un élève de 2e secondaire, fait partie du programme depuis deux ans. Le jeune homme n’hésite pas à raconter que sa réussite scolaire est en partie attribuable au programme.

« L’année passée, en secondaire un, j’avais beaucoup d’échecs en français, en maths, tout ça. J’ai parlé avec Béa[trice] et ils m’ont offert une bénévole et tout et j’ai réussi mon secondaire un », raconte-t-il.

François n’est pas seul à dire que le programme a influencé son parcours. Un ancien de l’école, Anthony Martel-Drouin, se rappelle qu’il n’était pas très porté vers les études. « Je n'étudiais pas beaucoup. Les devoirs... pas trop, trop! », admet-il.

La motivation n'était pas exactement là. Dans le fond, je n'avais pas les priorités à la bonne place. C’est vraiment avec le programme qu'on m'a aidé à atteindre mes objectifs.

Anthony Martel-Drouin, ancien élève de l'école secondaire Vanier

En sautant à pieds joints dans Le diplôme avant la médaille, la crainte de ne pas avoir du temps de jeu a changé son approche.

« Moi, ce que je voulais, c'est jouer les matchs. Si je n'avais pas les bonnes notes, les prérequis, je ne jouais pas les matchs […] Ça m’a rendu plus à mes affaires. »

Le jeune homme de 18 ans s’apprête maintenant à entrer au Cégep.

Exporter le programme

Quand les jeunes sont en difficulté, leurs camarades leur rappellent parfois que leur réussite scolaire est nécessaire pour l’ensemble de l’équipe.

« Quand on a des coéquipières qui coulent des cours, on leur rappelle tout le temps : "Il faut que tu fasses tes aides au devoir si tu veux ton temps de jeu parce qu’on va tous jouer ensemble". On s’entraide », explique Angélique Muraza, une élève de 5e secondaire.

Maintenant que le programme est bien implanté à l’école secondaire Vanier, Bétarice Turcotte-Ouellet souhaiterait l’exporter dans d’autres établissements.

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