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Le dossier de « Colosse » Plamondon enlisé dans la « procédurite »

L'avocat d'Yves « Colosse » Plamondon déplore que les procédures s'étirent inutilement concernant la poursuite civile de 35 millions de dollars déposée contre le ministère public et la Sûreté du Québec pour les 28 années passées en prison par son client pour trois meurtres qu'il soutient n'avoir jamais commis.

L'ex-détenu qui a recouvré sa liberté en 2014 était de retour au palais de justice de Québec, mardi, pour débattre d'une requête préliminaire dans le cadre de la poursuite civile.

Il a dû faire face à l'ancien procureur de la Couronne qui l'avait fait condamner dans les années 80, René de La Sablonnière. Ce dernier demande à faire rayer certaines allégations de la poursuite intentée par Plamondon.

La requête a été débattue à huis clos, mais à la sortie de la salle d'audience, l'avocat d'Yves Plamondon, Me Daniel Rock, a dénoncé la démarche qu'il qualifie de « procédurite ».

Le procureur de la Couronne de l'époque demande aux avocats de Plamondon d'exclure de la requête la référence au rapport final du ministère fédéral de la Justice, qui avait conclu que l'affaire devait être faire l'objet d'une révision judiciaire. « Ça n'a aucune incidence, c'est de la perte de temps », dénonce Me Daniel Rock.

Il parle de « préjudice supplémentaire » à l'endroit de son client. « Je ne dis pas qu'ils n'ont pas le droit légalement de faire ce qu'ils font. Je ne dis pas qu'ils n'ont pas le droit légal de s'objecter avec les principes de droit. Mais, vous savez, les objections légales, parfois, ça mène à des situations délicates. Nous autres, on l'a vécu pendant 28 ans, ils se sont objectés pendant 28 ans. »

Pas de haine

Yves Plamondon ne semblait pas perturbé par le fait de se retrouver dans la même salle que celui qui l'a fait condamner. Il dit même ne pas avoir reconnu René de La Sablonnière, qui a été nommé juge depuis.

« On vieillit tous. Comme lui, peut-être qu'il ne m'aurait pas reconnu. Je ne l'ai pas reconnu sur le coup », a commenté Yves Plamondon à la sortie du tribunal.

L'ex-détenu dit ne pas éprouver de ressentiment envers ceux qui l'ont fait condamner. « Ça ne donne rien de vivre avec de la haine. Je ne me lève pas le matin en pensant à ça. Pantoute », dit-il.

Après avoir passé 28 ans derrière les barreaux, l'homme de 65 ans dit bien s'adapter à la vie à l'extérieur des murs. Il dit avoir une vie tranquille en s'entraînant régulièrement. « Il faut que tu t'adaptes à ça un peu, ce n'est pas si pire. »

D'après les informations de Yannick Bergeron

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