Les drones seront dans la mire du service de sécurité du Festival d'été de Québec (FEQ). Un nouvel outil qui permet d'identifier le pilote d'un appareil sera testé pour une première fois.

Un texte de Maxime Corneau

« Dans les dernières années, on s’est rendu compte qu’il y en a qui s’essayaient. On voyait voler des drones au-dessus du public et on considère que c’est dangereux », lance Patrick Martin, le directeur de la production du FEQ.

Les agents de sécurité utiliseront un détecteur de drone qui permet de capter le signal émis par les petits appareils volants et d’en extraire une adresse IP.

En cas d'intrusion d'un drone près d'un lieu de spectacle, M. Martin promet que toutes les adresses IP captées par son service seront transférées aux policiers et à Transports Canada qui pourraient par la suite porter des accusations.

Le pilotage d'un drone au-dessus de grands événements est illégal à moins que le pilote ait reçu une autorisation.

Le détecteur de drone s’ajoute à l’imposante enveloppe de sécurité du festival qui a doublé depuis 10 ans. En 2017, le FEQ a investi 800 000 $ pour sécuriser ses sites. Pour l’édition 2018, Patrick Martin s’attend à une augmentation de 6 % de son budget de sécurité.

Le Regroupement des événements majeurs internationaux du Québec (RÉMI), dont fait partie le FEQ, a d'ailleurs demandé la semaine dernière à Ottawa d'appuyer financièrement les grands événements qui doivent composer avec des mesures de sécurité de plus en plus imposantes.

« Le contexte mondial nous fait réfléchir un peu plus sur les mesures qu’on doit mettre en place pour protéger des éléments extraordinaires qui pourraient nous affecter », précise M. Martin.

Les festivaliers ne devraient toutefois pas « sentir » l’augmentation de la sécurité selon Patrick Martin. Les fouilles des sacs à dos et l’interdiction des bouteilles d’eau pleines demeurent en vigueur.

Les fournisseurs, les employés du FEQ et les équipes d’artistes devront toutefois se soumettre à ces mêmes fouilles pour une première fois. « Les procédures de sécurité qu’on a mise en place sont fiables », assure-t-il.

Des barrières anti-camion-bélier seront aussi mises en place à plusieurs endroits du centre-ville de concert avec le Service de police de la Ville de Québec.

« Tolérance minime » pour le cannabis

À quelques mois de la légalisation du cannabis au Canada, prévue le 17 octobre, Patrick Martin souhaite rappeler aux festivaliers que le cannabis demeure illégal au pays. Il sait par contre que plusieurs consommateurs seront de passage devant les scènes du FEQ et que la consommation sera monnaie courante.

« Ce n’est pas encore légal. On préfère qu’il n’y en ait pas, mais on a une tolérance minime par rapport à ça. On ne peut pas tout vérifier, on ne peut pas tout voir. On ne commencera pas à vérifier tous les paquets de cigarettes. »

Le Festival d’été de Québec débute ce jeudi.

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