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Le financement des universités québécoises doit être réformé, dit la CADEUL

Le mode de financement des universités québécoises, basé sur le nombre d'étudiants inscrits ainsi que les programmes qu'ils fréquentent, ne tient plus la route. C'est ce qu'affirme la Confédération des associations d'étudiants de l'Université Laval (CADEUL), qui prépare un colloque pour trouver des solutions à ce qu'elle qualifie de problème chronique.

Un texte d’Alexandre Duval

Ce n’est pas la première fois que la CADEUL prend position sur cette question, mais cette fois, elle convie le grand public à trois jours de réflexion et d’échanges qui auront lieu du 7 au 9 mars à l’Université Laval.

« L’idée, c’est de réunir tout le monde pour qu’on puisse discuter et échanger non seulement sur des alternatives de financement, mais aussi sur les bienfaits d’un système bien financé pour la société », indique la présidente de la CADEUL, Vanessa Parent.

Ça fait déjà plusieurs années qu’on dit que le système d’enseignement supérieur est sous-financé et que la structure actuelle de financement, par tête de pipe, va atteindre ses limites. On commence déjà à le sentir.

Vanessa Parent, présidente de la CADEUL

Mme Parent affirme que le nombre d’étudiants est à la baisse dans les universités du Québec « donc nécessairement, il y a de moins en moins d’argent qui entre. Par contre, les frais du système, eux, augmentent », indique-t-elle.

Les prévisions du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur qui datent de 2014 semblent lui donner raison. Si Québec prévoyait accueillir 233 000 étudiants universitaires en 2015-2016, il prévoit en accueillir 17 000 de moins pour 2025-2026.

Amener les entreprises à cotiser

Pour éviter que les universités reçoivent moins d’argent en raison de leur clientèle en diminution, la CADEUL propose d’aller chercher du financement additionnel auprès des entreprises.

En fait, depuis plusieurs années, l’organisation fait la promotion d’un Fonds des services de santé et d’éducation postsecondaire (FSSEP).

Déjà, les entreprises du Québec participent au financement du système public de santé en cotisant au Fonds des services de santé (FSS). La CADEUL estime que le fonds pourrait aussi comprendre un volet éducation, qui serait financé par une légère hausse de la cotisation des entreprises, en fonction de leur masse salariale.

C’est une façon d’intégrer les entreprises au financement de leur future main-d’œuvre.

Vanessa Parent, présidente de la CADEUL

Le FSSEP serait ainsi une source de revenus supplémentaires pour les universités, mais cela se ferait à coût nul pour l’État.

Le réinvestissement : pas suffisant

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a confié plus tôt en février que son prochain budget comprendrait un réinvestissement dans le réseau universitaire, après les importantes coupes effectuées.

La CADEUL s’en réjouit, mais ne croit pas qu’il s’agisse d’une solution durable. « On va le prendre, dit Vanessa Parent, […] mais c’est ponctuel! C’est de voir est-ce que ça va être sur le long terme? »

Le colloque sur le financement de l’enseignement supérieur, qui est appuyé par la direction de l’Université Laval, ne se veut toutefois pas un colloque sur le FSSEP.

Vanessa Parent veut que le plus grand nombre de participants s'y joignent pour parler de toutes les solutions envisageables. « C’est pour ça qu’on n’est pas seuls à tenir le colloque », dit-elle.

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