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Le frigo-partage du restaurant Soupe et Cie dans la mire du MAPAQ

L'initiative de frigo-partage du restaurant Soupe et Cie dans le quartier Limoilou, à Québec, se retrouve dans la mire des inspecteurs du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).

Depuis décembre, le restaurant a aménagé un réfrigérateur à l'avant du commerce dans lequel les clients peuvent laisser la nourriture qu'ils n'ont pas mangée. Les clients prennent soin d'identifier la date sur un contenant fermé fourni par le restaurant et déposent leur nourriture à l'intention des plus démunis.

Environ la moitié des clients du restaurant ne finissent pas leur repas.

Le MAPAQ a toutefois rendu visite au propriétaire du restaurant de la 3e Avenue, lundi, à la suite d'une plainte pour insalubrité.

« Le MAPAQ, on n'a rien contre eux, mais on ne comprend pas pourquoi. La première question c'est : qui peut faire une plainte là-dessus? Je ne comprends pas ça », raconte le propriétaire François Bouchard.

Il mentionne que le MAPAQ s'inquiète sur les cas possibles d'intoxication et d'empoisonnement. Lors de sa visite, une inspectrice a notamment mentionné au propriétaire qu'il était responsable de toute nourriture servie dans son restaurant.

« Je lui ai dit que les gens qui osent venir dans le frigidaire, premièrement, ils ont vraiment faim. S'ils sont rendus là, c'est comme manger dans une poubelle dans le fond », explique François Bouchard.

Initiative appréciée

François Bouchard souligne que le frigo-partage remporte beaucoup de succès. « On a une madame qui a même osé venir dans le restaurant pour nous serrer dans ses bras pour nous remercier de faire ça. Elle nous a vraiment dit qu'elle a mangé à sa faim. »

Le restaurant recueille également plusieurs appuis sur Facebook.

Un utilisateur, Jimmy Bolduc, va régulièrement chercher de la nourriture dans ce réfrigérateur. Il s'offusque de l’intervention du MAPAQ.

« Les gens qui ont faim, ils ont faim et le MAPAQ, tant qu’à moi, n’ont pas d’affaire là-dedans. [..] Dans le temps de Noël, il y avait du stock en masse, ils aident beaucoup. Des restants de soupe et tout ça, c’est pas écoeurant », dit-il.

Pas de réglementation, dit le MAPAQ

De son côté, le MAPAQ explique avoir envoyé une inspectrice pour vérifier si la plainte est fondée.

Selon le porte-parole Yohan Dallaire Boily, il n’y a pas de permis requis ou de réglementation spécifique pour le don d’aliments. Les donateurs doivent toutefois prendre les mesures nécessaires pour ne pas mettre en péril la santé des utilisateurs :

- Les contenants utilisés pour la mise en portion doivent être propres et conçus pour un usage alimentaire;- Les aliments doivent présenter certains renseignements de base (nom du produit, date d’emballage ou de mise en portion);- Les aliments réfrigérés ou congelés doivent être maintenus froids au moment du transport.

Le ministère dit être favorable aux initiatives pour contrer le gaspillage alimentaire et aider les plus démunis, mais souhaite s’assurer de la salubrité des aliments.

Le MAPAQ poursuit son enquête. Si la plainte est fondée, le Ministère pourrait faire des recommandations et demander des ajustements.

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