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Le gel de taxes coûtera 16 M$ à la Ville de Québec

Pour tenir sa promesse annoncée en janvier dernier, la Ville de Québec qui souhaite offrir un gel de taxes pour la prochaine année met de l'avant une mesure qui entraîne finalement une baisse de la taxation pour les immeubles résidentiels en 2017. Cette mesure va coûter à la Ville 16 millions de dollars.

Lors d’une présentation jeudi sur la situation financière de la ville, les taxes et la dette, le maire de Québec, Régis Labeaume, a expliqué comment la Ville allait parvenir à geler les taxes des contribuables pour la prochaine année.

Le maire a fait savoir qu’en raison des dettes contractées par les anciennes villes avant les fusions municipales et qui doivent encore être remboursées, il n’était pas possible de seulement geler les taxes pour que dans les faits tous les secteurs en bénéficient.

« Même si on gèle le compte de taxes, on doit absolument payer la dette des anciennes villes, ce qui fait qu’on se ramasse avec des augmentations de taxes, donc on ne respectait pas notre engagement », a soutenu le maire.

Aussi, pour parvenir à geler les taxes partout sur le territoire, la Ville a donc choisi d’assumer les dettes des anciennes villes pour les deux prochaines années. La facture s'élève à 3,9 millions de dollars pour 2017. La Ville devra donc réduire son budget d’une somme équivalente.

Puisque la Ville ne récoltera pas les sommes liées à une hausse de taxes, qui normalement se situerait un niveau de l’inflation, la Ville se privera par ailleurs de 12 millions de dollars.

En assumant la dette des anciennes villes totalement, ça nous donne au minimum un gel de taxes ou une baisse.

Régis Labeaume

La mesure entraînera de façon générale non seulement un gel, mais une baisse moyenne de taxes de 0,66 %. Les citoyens de Vanier, par exemple, verront leurs taxes gelées pour 2017 et ceux de l’ancienne ville de Québec connaîtront une baisse de 1,2 %.

En ce qui concerne les gens d’affaires toutefois, ils ne subiront pas de gel ou de baisse. La Ville de Québec haussera les taxes du secteur commercial au niveau de l’inflation, soit 1,8 %.

La situation sera semblable en 2018 alors que la Ville assumera également la dette des anciennes villes contractées avant les fusions de 2002.

La Ville a par ailleurs fait savoir jeudi que sa dette sera de 1,59 milliard de dollars en 2017, soit une baisse de 36 millions par rapport à 2016.

La Ville a trop taxé, dit Démocratie Québec

Démocratie Québec estime que la Ville de Québec peut geler le compte de taxes parce qu'elle a trop taxé dans le passé, au-delà du taux d’inflation. Le conseiller Paul Shoiry se réjouit pour les contribuables, mais estime que la mesure arrive tard et « adonne un peu trop bien avec la campagne électorale » à venir.

« Ça fait trois ans qu’on le dit que c’est possible de le faire, que le maire devrait geler les taxes, que le maire les a trop augmentées depuis qu’il est maire. Il en doit aux citoyens », dit le conseiller Paul Shoiry.

Le maire de Québec rejette ces allégations, soutenant que depuis 10 ans, « la Ville n’a pas demandé un sou aux citoyens de Québec, à part l'augmentation du coût de la vie qu’on appelle l’inflation ».

Le budget et le Programme triennal d'immobilisations seront présentés lundi.

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