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Le hockey comme planche de salut pour de jeunes Inuits

Le hockey est devenu une véritable planche de salut pour bon nombre de jeunes Inuits qui ignoraient tout de ce sport il y a 10 ans. Depuis sa création en 2006, plus de 1000 jeunes se sont inscrits au programme de l'ex-hockeyeur Joé Juneau au Nunavik, comme la jeune Siqua Munick.

Un texte de Camille Simard

« Le hockey représente tout pour moi et j'adore ce sport. Je l'adore simplement ». Quand Siqua Munick parle de sa passion, son visage s'illumine.

Celle qui a grandi dans le village de Kuujjuaq s'entraîne au hockey depuis l'âge de 7 ans. Aujourd'hui à 16 ans, elle est capitaine de son équipe midget et son sport est devenu son mode de vie.

C'est après avoir chaussé ses patins que Siqua passe ses meilleurs moments de la journée. Il faut dire qu'un drame a marqué la vie de l'adolescente. Sa meilleure amie, Mary Cooper, s'est suicidée le 30 décembre 2015.

Encore ébranlée, elle a de la difficulté à traverser cette épreuve. « C'était la seule qui était toujours là pour moi. C'était une très belle personne, vraiment charmante, toujours souriante, elle me manque vraiment », raconte Siqua la voix nouée par l'émotion.

Le suicide chez les jeunes est une réalité qui frappe durement les communautés du Nunavik.

Selon Santé Canada, le taux de suicide chez les jeunes Inuits est 11 fois plus élevé que la moyenne nationale. En fait, il s'agit de l'un des taux de suicide les plus élevés au monde.

Le hockey permet à Siqua d'alléger sa souffrance. « Quand je suis sur la glace, je ne pense à rien d'autre. Tout ce que j'ai en tête ce sont mes coéquipières et le jeu que je dois développer » dit-elle.

Un programme structuré

En 10 ans, plus de 1000 jeunes comme Siqua ont bénéficié du programme développé par l'ex-joueur de la Ligue nationale de hockey (LNH), Joé Juneau.

En plus des volets récréatifs et compétitifs, l'équipe entourant Joé Juneau tente d'inculquer des valeurs aux jeunes, comme l'importance d'adopter une attitude positive, être responsable et forger son identité propre.

« Le nom NYHDP (Nunavik Youth Hockey Development Program), les initiales du programme, c'est connu. Chaque village va avoir des entraîneurs locaux, chaque village va avoir des jeunes qui participent au programme, qui veulent aller aux tournois régionaux. C'est ça qu'on retrouve dans les villages », explique Joé Juneau.

Une équipe de chercheurs de l'Université d'Ottawa s'est d'ailleurs intéressée au programme de l'ex-vedette de la LNH.

Ils ont constaté que les jeunes qui y participent réussissent à mieux structurer leur vie. Ce programme visiblement a gagné le coeur des communautés qui continuent de se l'approprier.

« Les programmes comme ça sont souvent imposés par nos institutions non autochtones, nos convictions, nos façons de faire, tandis que ce programme-là a été adopté par la communauté. Les gens qui y travaillent comme entraîneurs viennent de la communauté » explique Alexandra Arellano, professeur et sociologue à l'Université d'Ottawa.

Pour Siqua comme bien d'autres jeunes, le programme de Joé Juneau est une lueur d'espoir, une incitation à persévérer malgré les difficultés.

« Non, je n'abandonne pas », s'exclame la jeune Siqua le sourire aux lèvres.

En mars dernier, une équipe de Radio-Canada Québec a visité deux communautés du Nunavik pour s'intéresser aux dessous du programme de hockey de Joé Juneau. Le documentaire L'avantage de la glace sera diffusé le 21 janvier au RDI à 21h30, et sur les ondes de Radio-Canada Québec à 22h40. Une rediffusion est prévue le dimanche 22 janvier, de 17h à 18h.

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