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Le lieutenant-colonel Bernier reconnaît ses torts à l'endroit de deux militaires de Valcartier

Coupable de harcèlement à l'endroit de deux femmes militaires, le lieutenant-colonel Martin Bernier a témoigné, ce matin, à son procès en cour martiale à la base de Valcartier. La voix nouée par l'émotion, l'accusé a exprimé des remords en reconnaissant avoir fait des gestes déplacés à l'endroit de deux subordonnées, en octobre 2014.

Un texte de Jonathan Lavoie

« Je ne veux pas me trouver des excuses, mettre ça sur le dos de la boisson. Ce n'est pas les deux victimes qui ont couru après. Ce sont des victimes et je le reconnais pleinement », a déclaré Martin Bernier.

La défense suggère une réprimande pour le lieutenant-colonel, assortie d'une amende de 2000 $. « Il y a énormément de facteurs atténuants dans ce dossier-là. D'abord, mon client a plaidé coupable et il n'a aucun antécédent judiciaire », explique l'avocat de la défense, le capitaine Patrice Desbiens.

Du côté de la poursuite, on suggère une rétrogradation. Le procureur, le major Philippe Doucet, estime qu'« on a mis l'accent sur la position de commandement qu'il avait, le grade et les attentes qu'on a envers ces gens-là. Le lien aussi qu'il avait avec les victimes qui étaient des subordonnées, des gens qui travaillent à son unité. »

Jeudi, Martin Bernier a admis avoir agrippé les fesses des deux jeunes femmes, alors qu'il était sous les effets de l'alcool, lors d'une fête soulignant le 100e anniversaire du Royal 22e Régiment, au Centre des congrès de Québec.

Le lieutenant-colonel, maintenant basé à Ottawa, affirme ne jamais avoir tenté de camoufler l'affaire. Dès le lendemain des événements, il a présenté ses excuses à l'une des victimes et a tenté, sans succès, de faire de même avec la deuxième.

Les rumeurs et les allégations se sont néanmoins répandues comme une traînée de poudre sur la base militaire de Valcartier, a-t-il expliqué.

Le 30 octobre, le lieutenant-colonel Bernier a été relevé de ses fonctions au poste de commandement du Centre d'instruction du 2e bataillon et muté à Ottawa. Le militaire de carrière a été formellement accusé en mars 2015 de quatre chefs d'accusation de harcèlement et d'agression sexuelle.

Ces dernières accusations ont toutefois été abandonnées en retour d'une reconnaissance de culpabilité sur les deux premiers chefs.

« Ça va rester une marque indélébile sur moi. Je ne referai jamais quelque chose comme ça », a déclaré Martin Bernier devant la cour, en relatant les effets dévastateurs de ses gestes sur sa famille, sur sa carrière et sur les victimes.

Les victimes bouleversées

Jeudi, les deux femmes, que l'on ne peut identifier, qui ont subi le harcèlement de leur supérieur, ont été appelées à la barre des témoins. Toutes les deux ont décrit le stress constant qu'elles ont vécu à la suite des agissements du lieutenant-colonel Bernier.

Les formations sur la prévention du harcèlement sexuel sont devenues de plus en plus fréquentes au sein des Forces depuis le rapport accablant de la juge à la retraite Marie Deschamps. À chacune de ses formations, les deux victimes ont raconté s'être senties constamment observées par leurs collègues.

Une des deux femmes a expliqué que les gestes répréhensibles, puisqu'ils ont été faits par un haut gradé, son supérieur direct, devaient être dénoncés devant le tribunal.

La décision sur la peine à imposer au lieutenant-colonel sera connue la semaine prochaine.

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