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Le lieutenant-colonel Martin Bernier blâmé et condamné à 2000 $ d'amende

Un juge de la cour martiale a condamné le lieutenant-colonel Martin Bernier à payer une amende de 2000 $ et lui attribue un blâme après qu'il eut plaidé coupable à deux accusations de harcèlement à l'endroit de deux militaires de Valcartier.

Lors des observations sur la peine, la semaine dernière, la poursuite avait suggéré à la cour que l'ancien commandant à la base de Valcartier soit rétrogradé.

Martin Bernier a admis lors du procès avoir agrippé les fesses des deux femmes militaires lors d'une fête soulignant le 100e anniversaire du Royal 22e Régiment en octobre 2014, au Centre des congrès de Québec.

Dans sa décision, le juge Louis-Vincent d'Auteuil mentionne comme facteur aggravant le fait que Martin Bernier était commandant à l'époque des faits reprochés. « En raison de votre rang, les attentes étaient très élevées », a-t-il dit.

Il considère toutefois comme facteur atténuant le fait que cet événement était isolé. « Ces incidents ne sont pas le reflet de l'individu que vous représentez habituellement en société. »

Le juge se dit préoccupé par les conséquences que cette affaire pourrait avoir pour les victimes et le déroulement de leurs carrières dans l'armée.

Il a invité « l'environnement militaire à réfléchir sur le sort qui sera réservé aux victimes », en espérant « qu'aucune mesure ne sera prise contre elles en raison du courage qu'elles ont démontré ».

L'avocat de la poursuite, le major Philippe Doucet, prend acte de la décision du juge. Il n'exclut pas de porter la cause en appel.

Il explique que le blâme dans le monde militaire est une peine plus sévère qu'une amende. « C'est une tache au dossier. Ça va être considéré lorsqu'on évalue la carrière d'un militaire, ça peut avoir un effet ».

L'avocat de la défense, le capitaine Patrice Desbiens, se dit satisfait de la peine. « C'est une peine symbolique. Elle représente une perte de confiance envers le membre. Ça représente la désapprobation du tribunal envers les agissements de l'accusé », a-t-il dit en sortant du tribunal.

Le haut gradé avait aussi été accusé d'agression sexuelle. Ces accusations ont toutefois été abandonnées quand il a plaidé coupable dans les dossiers de harcèlement.

 

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