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Le meurtrier André Roy témoigne de son enfance difficile

André Roy, qui tente d'obtenir une libération anticipée après 16 ans derrière les barreaux pour meurtre, a raconté son enfance difficile, mardi, au palais de justice de Québec. Son passage chez les Témoins de Jéhovah l'a profondément marqué.

Un texte de Yannick Bergeron

Roy tente de convaincre un jury de lui permettre de faire une demande de libération conditionnelle avant 2025. Il purge une peine de prison à vie pour avoir tué Victor Lemay, 17 ans, à Sainte-Croix de Lotbinière en novembre 1999.

S'exprimant d'une voix posée et dans un français soigné, le détenu a longuement parlé de l'adhésion de ses parents aux valeurs des Témoins de Jéhovah.

« Ç'a façonné notre famille, notre façon de vivre », a dit Roy. Comme l'accusé était de nature réservée, ce mode de vie ne l'a pas aidé à se faire des amis dans un petit village comme Sainte-Croix.

Dès le primaire, il a éprouvé de difficultés scolaires et croit qu'il souffrait de dépression dès son jeune âge, une maladie taboue chez les Jéhovah.

Témoignant en enchaînant les détails des premières années de sa vie, André Roy s'est arrêté au moment de parler de sa première tentative de suicide à l'âge de 14 ans.

Après avoir pris quelques grandes respirations et des mouchoirs pour s'essuyer les yeux, il a raconté avoir tenté de se pendre dans un boisé. Il affirme avoir réussi à se décrocher lui-même parce que le noeud était mal fait.

Au début de l'âge adulte, André Roy a été exclu des Témoins de Jéhovah en raison de sa consommation de drogue et d'alcool pour fuir sa réalité, dit-il. Ses parents l'ont ignoré à partir de ce moment, même lorsqu'ils le croisaient dans la rue.

« J'allais commettre un acte violent »

Roy a raconté avoir développé des troubles obsessionnels compulsifs violents par la suite.

Témoignant sans menottes, entouré de deux agents correctionnels dans la salle, il a expliqué qu'à l'époque, il se voyait commettre des gestes extrêmes. Il n'a pas éprouvé de tels sentiments depuis maintenant 16 ans, selon ses dires.

La dernière fois, c'était le matin du 27 novembre 1999, le jour du meurtre de Victor Lemay. « C'était inévitable que j'allais commettre un acte violent », a soutenu l'assassin.

Son témoignage se poursuit aujourd'hui au palais de justice de Québec.

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