Retour

Le milieu de l'éducation préoccupé par le changement de ministre

La nomination lors du remaniement ministériel de lundi d'un nouveau ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, sème l'inquiétude chez les élus des commissions scolaires. Sébastien Proulx, déjà ministre de la Famille, devient le quatrième ministre de l'Éducation en à peine deux ans.

La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, affirme qu'un vent d'inquiétude plane dans le milieu qui fondait beaucoup d'espoir envers le ministre Pierre Moreau, forcé de céder sa place pour des raisons de santé.

Josée Bouchard estime que le changement survient à un bien mauvais moment puisqu'il y a deux semaines débutait la Commission parlementaire sur l'étude du projet de loi 86 et la réforme de la gouvernance scolaire.

« Ce n'est pas un petit projet de loi, c'est un projet de loi qui va avoir des impacts considérables sur notre réseau », dit-elle.

Mme Bouchard s'interroge sur la nomination de Sébastien Proulx, ancien membre de l'Action démocratique du Québec qui était en faveur de l'abolition des commissions scolaires. Elle espère que le ministre épousera les valeurs du Parti libéral.

« Le Parti libéral de tradition est un parti de négociation, de discussion, de concession. Je fais confiance au futur ministre pour bien refléter les valeurs de son parti. »

Interrogé à ce sujet mardi, le ministre affirme qu'il entend défendre le projet de loi.

Pause demandée

L'étude du projet de loi en commission parlementaire doit se poursuivre encore quelques semaines. Josée Bouchard réclame à ce stade une pause stratégique et une rencontre avec le nouveau ministre dans les plus brefs délais.

« Je pense qu'il faut prendre un temps d'arrêt, premièrement pour M. Proulx de prendre le temps de rencontrer les principaux acteurs et d'approfondir ce projet de loi. »

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui remet en question l'urgence de réformer les structures existantes, abonde dans le même sens.

Selon Louise Chabot présidente de la CSQ, qui représente du personnel enseignant, professionnel et de soutien des commissions scolaires, des cégeps et des universités, le gouvernement fait fausse route et doit revoir la cible.

« Prendre un an, six mois de plus pour parler des structures scolaires, ce n'est pas ça qui va changer la donne. C'est pour ça qu'on demandait de prendre un recul nécessaire. Ce n'est pas une réforme de structure que ça prend, c'est une réforme qui va au coeur des enjeux de notre système d'éducation, c'est-à-dire la persévérance scolaire, la réussite éducative », fait-elle valoir.

Le ministre laisse entendre que les travaux pourraient être suspendus jeudi.

Selon l'horaire prévu actuellement, la CSQ doit être entendue devant la commission parlementaire jeudi, à 12 h 15. Les travaux avaient été suspendus temporairement le mois dernier lors du remplacement de François Blais par Pierre Moreau à la tête du ministère.

À lire aussi : 

Plus d'articles