Retour

Le ministre Barrette promet de réduire les temps d'attente pour voir un médecin spécialiste

Des listes d'attente gérées plus efficacement, des plages horaires réservées aux patients envoyés par des médecins de famille, un meilleur arrimage entre les urgentologues et les médecins spécialistes dans les hôpitaux : voilà ce que promet le ministre de la Santé Gaétan Barrette dans la foulée de l'entente que son ministère vient de conclure avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Dans un point de presse tenu vendredi à l'Assemblée nationale, le ministre Barrette a expliqué que cette entente, entérinée jeudi par la FMSQ, prévoit que les médecins spécialistes mettront en oeuvre diverses mesures ciblées visant à améliorer l'accessibilité à leurs soins d'ici le 31 décembre 2017. Cela leur permet d'éviter les mesures coercitives prévues au projet de loi 20 entré en vigueur mardi. Ces mesures, dont une diminution de leur rémunération, seront appliquées si l'entente n'est pas respectée.

« Les médecins spécialistes s'engagent à gérer de façon serrée les listes d'attente en chirurgie », a-t-il indiqué. Ils mettront aussi en place « un mécanisme d'accès prioritaires aux services de soins spécialisés qui va faire en sorte que la clientèle provenant de médecins de famille bénéficiera de plages horaires réservées pour ces patients-là, spécifiquement. Enfin, on va régler la problématique de difficulté d'accès aux médecins spécialistes lorsque la consultation provient des médecins de famille. »

« L'entente prévoit aussi que le délai moyen de consultation entre le médecin spécialiste et l'urgentologue qui, en vaste majorité, sont des omnipraticiens à l'urgence, devra se faire en quelques heures, dans les heures ouvrables », a poursuivi le ministre Barrette. « Ça signifie, le jour, moins d'attente à l'urgence. »

Aussi, « il sera possible pour les médecins spécialistes de recevoir une consigne d'hospitaliser, de devenir un médecin traitant - c'est un peu technique, mais c'est quelque chose qui a un impact substantiel dans les hôpitaux - lorsque le besoin sera démontré », a-t-il ajouté. Il sera donc possible que, « dans certains cas, certains médecins spécialistes soient appelés à prendre en charge de façon formelle certains patients ».

Gaétan Barrette a précisé qu'il ne se prévaut que dans un seul cas du controversé article 39 de la loi 20, qui l'autorise à orienter certaines sommes consenties à la FMSQ vers des activités qu'il considère nécessaires : cela concerne les échographies qui, dès 2016, seront entièrement prises en charge par la Régie de l'assurance maladie, y compris lorsqu'elles sont effectuées dans une clinique privée, pourvu qu'elles soient faites par des radiologues.

Le ministre de la Santé souligne par ailleurs que cette entente s'inscrit dans la continuité de celle, similaire, qu'il a conclue avec les omnipraticiens du Québec. Les engagements des deux fédérations, dit-il, permettront d'améliorer l'accès à la première ligne de services, mais aussi la coordination et la fluidité avec les deuxième et troisième lignes. « On va le voir », a-t-il promis.

M. Barrette assure qu'il n'hésitera pas à recourir aux mécanismes coercitifs prévus dans la loi 20 si les médecins spécialistes ne respectent pas leurs engagements. Si la population croit qu'il hésitera à y faire appel parce que 2018 sera une année électorale, « vous rêvez en Technicolor et en Panavision », a-t-il lancé. Malgré les débats et les critiques, la loi 20, s'est-il félicité, aura « provoqué un changement » au bénéfice des citoyens. « Tout le monde va sortir gagnant », anticipe-t-il.

Une loi « inacceptable », gracieuseté du « Doctor Bashing »

Malgré cette entente, la FMSQ estime que la nouvelle loi demeure « totalement inacceptable, tant dans sa forme que dans sa finalité ». Sa présidente, Diane Francoeur, la qualifie en outre d'« inutile ». Dans un communiqué, elle affirme que « la façon de faire du ministre ne garantit en rien un meilleur accès aux soins; c'est par la collaboration et des conditions de pratique adéquates que nous y parviendrons ».

« Nous avons longuement insisté sur la nécessité pour les médecins spécialistes d'avoir accès aux cliniques externes, aux salles d'opération, et à des lits pour soigner leurs patients. D'ailleurs, cette entente prévoit l'engagement du MSSS à contribuer à l'amélioration de l'environnement de pratique des médecins spécialistes », poursuit-elle. Autrement, tout ça n'aura été qu'une vaste mise en scène, une manœuvre à visée électoraliste », poursuit-elle.

La FMSQ précise par ailleurs que les négociations sur la nouvelle loi se poursuivent avec le ministère de la Santé, puisque « de nombreuses interrogations demeurent des réponses ».

La porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Diane Lamarre, s'est emparée la décision sur les radiologues pour dénoncer l'approche du ministre Barrette en matière de frais accessoires. 

« Il est possible, dans la masse monétaire des médecins, de renégocier, de remanier, pour ne pas imposer de frais accessoires, aux Québécois. Il le fait : la preuve, il le fait pour les échographies, et ça vaut 30 millions de dollars », a-t-elle dit. « Il aurait pu demander le même remaniement pour différents autres frais accessoires qui concernent d'autres spécialités : les ophtalmologistes, les dermatologues. C'était tout à fait possible. »

Du côté de la Coalition avenir Québec, François Paradis, a déploré l'absence de cibles claires pour juger des résultats à terme. « L'objectif de base - que les patients aient une meilleure accessibilité, que les patients soient mieux traités, plus rapidement, qu'il y ait moins d'attente - j'en suis, nous en sommes. Mais le ministre montre les attentes sans objectif et sans cible précise », a-t-il souligné. 

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine