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Le nombre d’assistés sociaux au Québec à un creux historique

La tendance à la baisse du nombre de prestataires de l'aide sociale observée depuis plusieurs années au Québec ne faiblit pas.

Un texte de Louis Gagné

Selon les plus récentes données du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS), le nombre d’assistés sociaux a atteint un nouveau plancher record en mars.

« Nous constatons que malgré la croissance démographique, le nombre de personnes prestataires des Programmes d’assistance sociale est passé de 419 440 en mars 1975 à 404 551 en mars 2018. Je vous confirme qu’il s’agit d’un creux historique », indique en entrevue à Radio-Canada Vincent Breton, porte-parole du MTESS.

Le Ministère se réfère à l’année 1975 puisque c’est à partir de ce moment que le gouvernement a commencé à compiler des statistiques sur les clientèles d’aide sociale.

La baisse du nombre de prestataires est plus manifeste encore lorsqu’on la compare au sommet historique de 815 487 assistés sociaux atteint en février 1996.

Sous la barre des 6 %

Le taux d’assistance sociale chez les personnes de moins de 65 ans est également à son plus bas. Au cours des derniers mois, il est passé pour la première fois sous la barre des 6 %, atteignant 5,9 % en novembre, décembre, février et mars.

À titre de comparaison, la proportion d’assistés sociaux chez les 0-64 ans s’élevait à 12,8 % en février et mars 1996.

Conjoncture économique favorable

Vincent Breton affirme que plusieurs facteurs peuvent expliquer la diminution constante du nombre de prestataires de l’aide sociale, à commencer par la performance de l’économie québécoise.

« Avec la rareté de main-d’œuvre, on sait qu’il y a des centaines de milliers d’emplois qui sont et qui seront à pourvoir dans le futur. Ça représente des opportunités de travail, donc les personnes qui désirent intégrer le marché du travail peuvent le faire », soutient le porte-parole du Ministère.

Vincent Breton ajoute que les différents services d’accompagnement et de formation offerts aux prestataires ont également contribué à l’atteinte de ce creux historique.

Le vieillissement de la population y est aussi pour quelque chose puisque lorsqu’un prestataire atteint l’âge de 65 ans, ses allocations d’aide sociale sont remplacées par la pension de la Sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti, le crédit pour la TPS et le crédit pour la solidarité.

Programme controversé

Dans ce contexte de baisse continue du nombre d’assistés sociaux, le Programme objectif emploi, qui vise à aider les prestataires à accéder au marché du travail, est-il pertinent? Oui, si l’on en croit Vincent Breton.

« On prévoit que d’ici les dix prochaines années, il va y avoir 1,3 million de postes à pourvoir. Ça crée des opportunités et le Programme objectif emploi s’insère dans cette vision. C’est-à-dire que le Ministère veut rendre accessibles ces opportunités-là au plus grand nombre. »

En vigueur depuis le 1er avril, le programme prévoit une hausse des prestations pouvant atteindre 240 $ par mois pour les personnes qui acceptent d’y participer. En revanche, des pénalités allant jusqu’à 224 $ peuvent être imposées à celles qui refusent d’y adhérer.

La nouvelle initiative du MTESS a été décriée par différents groupes de défense des personnes assistées sociales. Le programme a également soulevé des inquiétudes chez les fonctionnaires responsables de son administration.

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