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Le parcours difficile d'une jeune Autochtone en milieu urbain

Lydia Benjamin, une Autochtone de 23 ans, a quitté il y a quelques années la réserve de Pessamit, sur la Côte-Nord, pour venir habiter à Québec et se donner les moyens d'accomplir ses rêves. Mais le parcours de la jeune femme est semé d'embûches.

« C'est vraiment mon rêve de voyager qui fait que je veux continuer dans la vie, mais j'ai beaucoup d'obstacles. C'est vraiment les dépendances, l'alcool, la drogue, et en ce moment, je n'ai pas de logement », raconte-t-elle d'emblée.

La jeune femme compte parvenir à trouver un logement et à décrocher un emploi, mais elle doit s'adapter aux démarches en milieu urbain, qui diffèrent de celles sur la réserve.

« C'est compliqué. Dans ma réserve, je n'ai pas appris à faire un CV, comment agir devant l'employeur. J'ai vraiment appris ça dans le milieu urbain, c'est dur. Dans la réserve, ça marche par réputation. Ici, il faut vraiment que tu fasses tes preuves », dit-elle.

Lydia a perdu cet été l'emploi qu'elle occupait dans un Tim Hortons. Elle met la faute sur son ex-conjoint violent, qui voulait l'empêcher de rentrer au travail. La présence de l'homme devant son lieu de travail et ses airs menaçants auraient eu raison de son emploi.

« Mon employeur était au courant que je vivais de la violence conjugale, mais en tant qu'employeur, je le comprends que son entreprise, il faut que ça marche. Mais je pensais vraiment qu'il allait comprendre et du jour au lendemain, je n'étais plus sur l'horaire », raconte-t-elle.

Préjugés tenaces

Jacinthe Picard, coordonnatrice du programme contre l'itinérance au Centre d'amitié autochtone de Québec, voit beaucoup de cas de violence conjugale comme celui de Lydia. Elle constate également les préjugés et l'incompréhension quand il s'agit d'embauche.

« Il y a plein de personnes [autochtones] qui ont leur secondaire 5, qui sont formées, mais elles ne sont pas en emploi dans la ville. Quand on en voit, on est surpris », dit-elle.

Originaire de Wendake et née d'une mère québécoise, Jacinthe Picard soutient que nombre d'employeurs et de propriétaires partent avec un préjugé négatif lorsqu'ils ont affaire à des Autochtones.

« Je viens de Wendake. J'ai toujours pu me cacher derrière ma mère, qui était québécoise, mais ma clientèle qui vient des communautés éloignées ne peut pas se cacher derrière une autre image. Les gens le voient tout de suite quand la personne est autochtone et, déjà, il y a une réticence. »

Elle mentionne que son centre n'a pas les ressources en ce moment pour sensibiliser les employeurs à l'embauche de femmes autochtones. Elle espère toutefois que les récents reportages sur les femmes autochtones contribueront à favoriser la compréhension et à rapprocher les cultures.

De son côté, Lydia Benjamin, qui veut poursuivre sa vie en milieu urbain, entend entreprendre d'ici quelques jours une thérapie pour se défaire de ses dépendances et renouer avec ses racines afin de « devenir une grande dame en tant qu'Autochtone ».

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