Maxime Potvin a joué sa qualification olympique sur une jambe, après que le genou qu'il croyait en caoutchouc l'a lâché. Un autre obstacle attendait le taekwondoïste québécois sur les tapis : une technologie d'une efficacité inégale. La malchance lui a fermé les portes de Rio.

Un texte de Guillaume BoucherTwitterCourriel

Pour se qualifier pour ses premiers Jeux, Maxime Potvin devait atteindre au minimum la finale chez les moins de 68 kg au tournoi continental de la dernière chance à Aguascalientes, au Mexique, le week-end dernier.

Un objectif qu'il savait à sa portée. Il s'est sérieusement compliqué quand son genou gauche s'est coincé à l'entraînement une semaine avant la compétition. C'était plus qu'une petite frayeur.

« Ça fait 10 ans que j'ai ce problème-là et j'ai toujours été capable de replacer mon genou en deux minutes, dit-il. C'est la seule fois où je n'ai pas été capable et qu'il a fallu que je consulte des spécialistes. »

À cause d'un problème au ménisque externe, son genou est resté bloqué pendant huit heures.

Il a dû s'abstenir d'entraînement pour quatre jours. Il n'aurait pu faire autrement parce qu'il était incapable de marcher. Quand il a repris le travail, un constat s'est imposé : il devrait se battre sur une jambe.

« Quand ma jambe était en pleine extension, ma rotule me faisait vraiment mal, explique le vice champion du monde en 2009. Mon genou était toujours enflé. C'est une jambe que j'utilise beaucoup en corps à corps, qui me permet de marquer beaucoup de points. Je devais me battre sur une jambe. »

Problèmes technologiques

Maxime Potvin voyait une façon de traverser son tournoi sur une jambe, soit de marquer plus de points à la tête, sa jambe meurtrie étant un handicap pour des attaques au corps.

Dès son premier combat, une victoire de 6-4 en quarts de finale contre le Péruvien Peter Lopez, il s'est rendu compte que cette stratégie serait plus ardue, à cause des capteurs sur les casques électroniques, qui fonctionnaient moins bien cette journée-là.

« Je l'ai atteint deux ou trois fois sur le casque, mais je n'en ai récolté qu'un point », se souvient-il.

Ce problème de casques a aussi teinté sa demi-finale, contre le Vénézuélien Edgar Contreras, qu'il a perdue en prolongation après avoir créé l'égalité 3-3 à la dernière seconde.

« Il m'a atteint au visage en supplémentaire, explique-t-il. J'ai été un peu négligent dans ma façon d'attaquer et il en a profité. Il m'a atteint sur le casque, mais le point n'a pas été enregistré. Les juges ont demandé la reprise et ils ont accordé le point. »

Et pour compliquer sa quête, les points au corps étaient encore plus difficiles à obtenir, à cause de nouveaux plastrons électroniques moins sensibles, explique-t-il. Visiblement, la technologie n'était pas son allié au Mexique.

« J'ai quand même tout donné »

Malgré tous les obstacles qu'il a rencontrés, Maxime Potvin est passé à un petit point de son billet pour les Jeux de Rio. « J'ai quand même tout donné », dit-il, encore déçu du résultat.

L'athlète de Québec veut maintenant prendre soin de lui. Une opération devrait s'imposer après les tests d'imagerie par résonnance magnétique qu'il doit subir cette semaine, croit-il.

Après sa rééducation, il veut se remettre au taekwondo à son rythme et peut-être changer de catégorie de poids pour se battre dans la division olympique des moins de 80 kg.

Maxime Potvin ne se projette pas trop loin dans le temps et veut aussi s'investir dans des projets qui ne sont pas sportifs, comme faire d'autres investissements en immobilier, domaine pour lequel il s'est découvert une passion.

Il aurait 32 ans aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020, mais ne s'y voit pas encore. Il sait qu'il a encore de belles années devant lui, mais veut les vivre « une à la fois ».

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine