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Le pari de la fréquence pour le réseau structurant de Québec

Les premières simulations de déplacements du futur réseau structurant ont été dévoilées cette semaine. Dans la plupart des cas, le tramway ou le trambus permettent de réduire la durée du parcours, mais pas toujours. Ce qui compte pour le Réseau de transport de la Capitale (RTC), ce n'est pas le temps de déplacement, mais la fréquence des départs.

Un texte de Louise Boisvert

Est-ce que l'on gagnera du temps en utilisant le tramway ou le trambus une fois leur mise en service?

C'était une question restée sans réponse lors de la présentation du projet de réseau structurant vendredi dernier.

Le Réseau de transport de la Capitale est revenu à la charge en rendant publiques, mardi, les premières estimations.

Le RTC a présenté cinq scénarios. Dans tous les cas, les départs ont lieu en pleine heure de pointe du matin.

Prenons l'exemple d'un usager qui doit se rendre sur le boulevard Laurier, près de la route de l'Église, à partir de la rue des Platanes à Charlesbourg. Il faut actuellement 65 minutes pour faire le trajet.

En tramway, en incluant une correspondance, ce sera 45 minutes. C'est 20 minutes de moins.

Autre scénario. Si vous partez de l'ouest de la ville, du secteur Legendre, en direction du Centre mère-enfant, sur le boulevard Laurier, vous y êtes en 17 minutes. En tramway, vous parcourrez la même distance en 15 minutes. C'est seulement 2 minutes de moins.

Si le déplacement n'est pas automatiquement plus rapide, il est plus fréquent. C'est ce qui fait la différence selon le RTC.

Dans tous les scénarios, une fois le réseau de transport structurant mis en service, le nombre de départs va augmenter. Il y aura deux, trois ou quatre fois plus de départs à l'heure.

Le retrait d'une partie de la flotte d'autobus dans les secteurs désormais desservis par le tramway ou le trambus, va servir à améliorer le service ailleurs sur le réseau, dans les banlieues notamment.

C'est ce détail qui va permettre un changement de culture, croit le maire de Québec.

Régis Labeaume pousse sa réflexion jusqu'à affirmer que les usagers pourraient même accepter que cela prenne plus de temps s'il y a du confort et de la fiabilité dans le service de transport en commun.

« Frequency is liberty »

C'est ce que croit aussi Jarrett Walker, expert américain en mobilité, qui a participé en septembre, au Sommet international sur la mobilité à Québec.

Pour lui, la fréquence du service est fondamentale.

La fréquence du service amène une certaine liberté de choix, explique l'expert.

Jarrett Walker a été consultant dans le projet de transport structurant. Il qualifie la dernière mouture de « très bonne et d'ambitieuse à souhait ».

Pour lui, le projet n'est pas qu'un projet de tramway. C'est un réseau structurant. D'ailleurs, il insiste pour dire que le mot « structurant » est la clé du projet. « Un réseau, c'est une structure, c'est physique. »

C'est ce qui va orienter le développement de la ville pour les prochaines décennies, avance-t-il.

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