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Le prolongement de l'autoroute 73 est terminé

Le dernier tronçon de l'autoroute 73, reliant Québec à Saint-Georges, en Beauce, est maintenant complété. Son ouverture officielle se fera dans les prochains jours, selon ce qu'a appris Radio-Canada.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

« On a rencontré tout à l'heure quelques sous-traitants. Eux, ils ont l'épée de Damoclès sur la tête, dimanche soir à minuit, elle doit être livrée », se réjouit l'ancien maire de Saint-Georges, Roger Carette, qui a longuement travaillé sur ce dossier.

À son arrivée à la mairie en 1994, Roger Carette a obtenu trois mandats de la part de la Chambre de commerce de Saint-Georges, soit un cégep pour la région, une desserte en gaz naturel et l'achèvement de l'autoroute 73.

« Les deux premiers, le cégep et le gaz naturel, ça a été très vite. L'autoroute, ça a été un peu plus long. Maintenant c'est terminé. Dans une couple de semaines, ils vont inaugurer les deux kilomètres restants », affirme celui qui a quitté la politique municipale en 2009.

Une réussite qui n'aurait pu se concrétiser sans la mobilisation des Beaucerons, notamment à travers une pétition de plus de 20 000 signatures acheminée aux gouvernements provincial et fédéral en 2002.

À la suite de cet appui, le gouvernement fédéral « a accepté d'injecter plusieurs millions de dollars, ce qui a accéléré et consolidé le projet d'autoroute », ajoute Roger Carette.

Expropriations

À l'époque, le ministre des Transports, Guy Chevrette, avait promis qu'en 2007, l'autoroute 73 allait rejoindre la municipalité de Beauceville et, en 2010, celle de Saint-Georges.

La livraison du dernier tronçon a toutefois été retardée par des propriétaires qui refusaient d'être expropriés. Ils évoquaient, entre autres, une construction illégale sur des terres agricoles. Cette bataille s'est transformée en saga judiciaire qui s'est étalée sur plusieurs années.

Ce n'est qu'en juillet 2014 que les derniers contestataires, Josée Bilodeau et Pascal Veilleux, un couple de Beauceville, ont perdu leur combat. La Cour supérieure avait alors conclu que le gouvernement avait agi de façon légitime dans ce dossier.

« Mais le retard entre 2010 et 2016 n'est pas imputable exclusivement aux contestataires du rang Saint-Charles. Il y a eu quelques petits gribouilles en plus de ça », tient à préciser Roger Carette.

Congestion en vue?

Le point de chute de l'autoroute à Saint-Georges soulève cependant certaines inquiétudes. « Un moment donné, de déboucher par le centre-ville, ça va engorger quelque part. Il faut que ça dégage au-delà du carrefour giratoire », prévient l'ancien maire.

Les Amis de l'autoroute 73, un groupe de pression présidé par l'homme d'affaires Hervé Pomerleau, tient le même discours. Selon lui, le lien doit se poursuivre jusqu'à la frontière des États-Unis.

Le fondateur de l'entreprise de construction Pormerleau soutient que c'est un enjeu primordial pour le tourisme et pour les échanges commerciaux entre les deux pays.

Quelques solutions sont sur la table, notamment un boulevard urbain, une voie rapide, ou une autoroute. « La MRC a réservé dans son plan d'aménagement des corridors disant qu'un jour ça passera-là. Mais avant ça, il faut qu'il se fasse des études et c'est urgent que ça commence, ces études-là », avertit Roger Carette.

Avant l'ouverture officielle, Transports Québec doit vérifier la conformité des travaux et procéder à l'installation de la signalisation.

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