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Le Québec, l'Ontario et l'Oregon s'unissent contre les changements climatiques

Le Québec, l'Ontario et l'Oregon franchissent un nouveau pas dans leur lutte contre les changements climatiques. Les deux provinces canadiennes et l'État américain ont signé un protocole d'entente qui doit leur permettre de collaborer en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Un texte d’Alexandre Duval

« C’est ce qu’on appelle de la diplomatie environnementale », explique la ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon.

Ce protocole d’entente ne crée pas de nouvelles cibles de réduction de GES pour les gouvernements, mais elle vient sceller leur volonté de travailler ensemble.

Le Québec, l’Ontario et l’Oregon veulent notamment partager de l’information au sujet des nouvelles technologies qu’ils ont testées ou encore des politiques qu’ils ont mises en place pour lutter contre les changements climatiques.

« De savoir qu’on va partager des façons de faire, je crois que ça va nous amener un pas plus loin », affirme la ministre. Selon elle, les bons coups du Québec, comme le marché du carbone, pourront ainsi rayonner davantage.

Collaborer entre États fédérés

L’Oregon compte environ 4 millions d’habitants. Malgré sa taille, ce petit État de la côte ouest américaine se montre proactif en matière de lutte contre les changements climatiques, d’après Isabelle Melançon.

D’ici 2040, l’Oregon a notamment pour objectif que 50 % de l’électricité consommée par sa population provienne de sources d’énergie renouvelables.

D’ailleurs, l’Oregon démontre depuis plusieurs mois un intérêt envers le marché du carbone qui réunit le Québec, l’Ontario et la Californie.

Bien qu’un protocole d’entente vienne d’être signé, Isabelle Melançon ne va pas jusqu’à dire que l’intégration à ce marché du carbone est la prochaine étape logique pour l’Oregon.

« Je crois qu’ils continuent à être en analyse et c’est très bien ainsi. On ne veut pas forcer la main à quiconque. »

La force du nombre

Isabelle Melançon soutient malgré tout que plus il y aura de provinces et d’États qui se joindront au marché du carbone, plus son fonctionnement sera efficace.

Aux balbutiements du marché, en 2013, les craintes étaient nombreuses au sujet de la compétitivité des industries québécoises, rappelle la ministre.

La ministre indique que d’autres provinces canadiennes ont les yeux rivés sur le Québec. Elle dit aussi avoir rencontré des représentants du Mexique « qui sont vraiment très intéressés par notre marché du carbone ».

D’ici 2020, le Québec vise à réduire ses émissions de GES de 20 % par rapport au niveau de 1990. Les derniers chiffres disponibles démontrent que le Québec n’a pas encore atteint 9 % de réduction.

« Peut-être que les chiffres ne sont pas aussi bons qu’on l’aurait souhaité, mais on garde les yeux sur la balle », dit la ministre. L’une de ses prochaines priorités sera d’évaluer le niveau de succès des divers programmes financés par le Fonds vert.

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