Assis à son bureau de la Grande Allée, Adbulkadir Abkey a l'air d'un avocat comme les autres. Son complet et les diplômes au mur ne laissent pas percevoir que le Somalien d'origine a un jour été accueilli comme réfugié.

Un texte de Maxime Corneau

Abdulkadir a fui la guerre civile avec ses cinq sœurs dans les années 90. Il était alors âgé de 14 ans. Réfugiés, ils ont été accueillis par  l'Angleterre. C'est plus tard, après ses études en droit, qu'il a rencontré une Québécoise et déménagé au Québec.

Il veut aujourd'hui rassurer les Québécois qui craignent de voir des réfugiés s'installer au Québec. « Ces gens-là cherchent une vie meilleure, ils cherchent une vie confortable. Ils n'ont pas envie de causer du tort. »

Selon lui, les réfugiés représentent peut-être un défi pour la société d'accueil, mais rapidement ils deviendront des atouts. « À court terme, oui, c'est un investissement. Mais il faut regarder à long terme! [...] Regarde ce que l'Angleterre peut dire de mes cinq sœurs : elles sont des payeuses de taxes, elles contribuent à la société », plaide-t-il.

L'avocat dresse un parallèle entre la situation actuelle et la libération de l'Europe lors de la Deuxième Guerre mondiale. Plusieurs soulevaient alors les mêmes craintes sur le fait d'accueillir des Européens qui avaient tout perdu, rappelle-t-il.

« Pourquoi tout le monde s'est réuni ensemble pour les Juifs dans les camps en Europe? C'était de la compassion. On se sentait interpellé comme être humain. C'est la même chose ici. [...] Il ne faut surtout pas qu'ils [les terroristes] nous enlèvent notre compassion. »

Abdulkadir Abkey a été surpris de voir la position du maire Régis Labeaume qui souhaite accueillir principalement des orphelins et des familles. Selon l'avocat père de trois enfants, cette position du maire démontre que les terroristes ont atteint leur but. « Ça veut dire qu'ils ont réussi à nous ébranler. »

Il souhaite aujourd'hui voir nos gouvernements maintenir le cap dans l'accueil des réfugiés. « Tout ce que ces gens demandent, c'est une chance. »

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