Le maire de Québec s'attendait à plus de résistance lors de la deuxième séance de consultation du réseau structurant de transport en commun dans l'arrondissement de Charlesbourg. Il y a eu quelques voix discordantes, mais plus souvent pour améliorer le projet que pour souhaiter son abandon.

Un texte de Louise Boisvert

Le projet, dévoilé le 16 mars dernier, était présenté pour la première fois en banlieue, dans l’arrondissement de Charlesbourg. Un secteur loin d’être acquis pour le maire et son projet.

Le printemps dernier, lors de la première ronde de consultations sur un projet de transport collectif pour remplacer le Service rapide par bus (SRB), les citoyens des arrondissements de Beauport et de Charlesbourg avaient été nombreux à réclamer de meilleurs services de transport en commun en dehors du centre-ville.

Un cri du coeur alors entendu par le maire de Québec qui promettait de présenter un projet qui allait répondre à leurs besoins.

« Le projet a changé », a prévenu le maire Labeaume au début de la présentation devant un public attentif et intéressé.

Plus de 250 personnes se sont déplacées. La séance aura duré trois heures. Une quarantaine de personnes ont pris la parole.

Les premiers commentaires ont été plutôt élogieux : « Bravo! Je me suis senti écouté », a dit Alain D’Eer, résident de Sainte-Foy.

« J’espère que nos enfants seront aussi fiers du tramway que nous l’avons été pour le métro de Montréal », a affirmé Louise Bélanger.

Comme la veille, la plupart des interventions commençaient par des mots de félicitations.

Personne n’a recommandé que le projet soit abandonné.

Lien est-ouest

Plusieurs ont souligné l’absence de lien efficace entre l’est et l’ouest de la ville, notamment sur le boulevard Louis-XIV. La Ville annonce l’aménagement d’un trajet pour répondre à ce besoin dans le nouveau projet.

D’autres réclament une meilleure synchronisation des feux de circulation pour optimiser les déplacements. La Ville répète qu’elle a mis en place un système pour y remédier dans des secteurs névralgiques. Les citoyens voudraient que ce soit fait à la grandeur de la ville.

Le troisième lien a aussi fait l’objet de quelques questions. Est-ce qu’il sera toujours nécessaire une fois la mise en service du réseau structurant? Est-ce qu’un tunnel pour s’arrimer au réseau structurant pour relier les deux rives?

André Caron, directeur de la coordination des travaux de conception du projet, répond que le troisième lien n’a pas été pris en compte dans l’élaboration du réseau structurant.

Coûts d’exploitation

Comme la veille, le maire de Québec n’a pas pu s’empêcher de répondre à une question du public. Celle-ci concernait les coûts d’exploitation du réseau structurant.

Régis Labeaume a rappelé que le projet est payé à 100 % par les gouvernements provincial et fédéral. « Il n’y aura pas de dette additionnelle », a-t-il précisé.

Il s’engage également à ne pas augmenter les taxes pour financer les coûts d’opération. « Ce sera 18 millions par année, on a huit ans [avant la mise en service] pour en mettre de côté. »

Pas de politique

Le maire Labeaume craignait que le parti de l’opposition officielle, Québec 21, profite de ce passage en banlieue pour« pacter » la salle de partisans qui auraient dénoncé le projet.

Une crainte qui ne s’est pas avérée. Le chef de l’opposition est resté bien tranquille tout le long de la séance.

Les consultations publiques prennent une pause vendredi, avant la tenue des deux dernières séances samedi dans Chauveau et Sainte-Foy.

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