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Le savoir-faire cubain au profit des escrimeurs de Québec

À son arrivée au Québec en 2015, Erik Medina Diaz n'avait pas touché à son épée depuis cinq ans. L'ancien membre de l'équipe nationale cubaine d'escrime a alors décidé de donner une seconde chance à son sport. Il est maintenant l'un des meilleurs tireurs au Canada et un entraîneur fort apprécié au Club Estoc de Québec.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Erik Medina Diaz participe cette fin de semaine à la Coupe Canada d’Escrime qui se déroule au Centre de Congrès de Québec.

Débarqué à Trois-Rivières en 2015, cet ancien tireur de l’équipe nationale cubaine s’est rapidement fait un nom dans le monde de l’escrime au pays.

« À l'occasion d'une compétition à Montréal, j’ai vu ce bonhomme que je ne connaissais pas, se rappelle Guy Boulanger, maître d’armes du Club Estoc de Québec. J’apprends qu’il est Cubain. Même s’il était un peu “enveloppé”, on voyait que Erik était d’un niveau supérieur. »

Lors de ce même rendez-vous, le Cubain a été impressionné par le talent et le style des protégés de Guy Boulanger.

« J’avais vu Guy et j’aimais bien la technique de ses élèves, se souvient-il. Alors en 2016, j’ai décidé de déménager à Québec pour faire partie de ce club plus grand où il y avait plus d’opportunités. »

Depuis, l’association est un succès. Erik a vite retrouvé sa touche des bonnes années et les membres du club profitent du talent du Cubain, qui joue aussi le rôle d’entraîneur chez les moins de 15 ans.

« Pour nous [l’arrivée de Erik] est un don du Ciel, lance Guy Boulanger. Le style de jeu de Erik fait progresser ceux qui sont là. C’est bon pour tous les tireurs qui sont au club et qui ont la chance de pratiquer avec lui. »

La retraite... à 25 ans

Pourtant, à 25 ans et après avoir passé 10 années au sein de l’équipe cubaine, Erik Medina Diaz avait décidé de remiser son épée.

L’équipe disposait alors d’un budget restreint et elle n’offrait que très peu d’occasions à ses athlètes de se déplacer pour prendre part à des compétitions internationales.

Erik en avait assez de s’entraîner sans pouvoir affronter les meilleurs de sa discipline sur une base régulière.

« On s’entraînait tellement fort, raconte-t-il. On avait un bon niveau dans l’équipe, mais on n’avait pas d’argent pour aller à l’extérieur pour faire beaucoup de coupes du monde ou des qualifications. Une compétition internationale par année, ce n’est pas beaucoup. »

L’escrime pour faciliter l’adaptation

Erik Medina Diaz n’a pas encore la citoyenneté canadienne. Il ne peut donc pas représenter son nouveau pays de résidence en compétition.

À 32 ans, il continue de s’améliorer et il n’est pas trop tard pour espérer un éventuel retour sur la scène internationale.

« Vincent Pelletier a 41 ans et il a un très bon niveau encore. Je veux commencer par avoir de bons résultats au Canada. L’an dernier, j’ai terminé troisième au championnat canadien 2017. Il faut continuer et y aller étape par étape.

Bien au-delà des résultats, Erik, qui ne parlait pas un mot de français à son arrivée au Canada, se félicite aujourd’hui d’avoir renoué avec l’escrime.

« L’escrime, c’est vraiment bon pour moi. Même pour l’adaptation au Canada, c’était parfait », conclut-il dans un français de qualité.

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