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Le skieur Philippe Marquis tente de déjouer le mauvais sort

En temps normal, Philippe Marquis aurait été opéré sans tarder à la suite de la rupture du ligament croisé antérieur de son genou droit survenu à l’entraînement la semaine dernière. Mais à moins d’un mois des Jeux olympiques, le skieur acrobatique fait le pari qu’il peut skier en dépit de cette blessure majeure.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Philippe Marquis tente le tout pour le tout pour déjouer le mauvais sort. Le skieur était presque assuré de sa qualification pour Pyeongchang avant le bête accident qu’il a subi le 9 janvier en vue de la Coupe du monde de Deer Valley, en Utah.

Le skieur est déjà de retour à l’entraînement au gymnase du PEPS de l’Université Laval malgré l’inflammation toujours présente. Muni d’un bandage et d’une orthèse faite sur mesure, Philippe Marquis flirte avec les limites du corps humain.

« En ce moment, je dirais que je suis confiant. J’ai une bonne équipe autour de moi. Il y a de l'enthousiasme et j'y crois. J'essaie de rester quand même réaliste dans les démarches que je prends », dit-il.

Continuer à tout prix

À moins d’une semaine de l’annonce officielle de l’équipe canadienne olympique de ski acrobatique, le skieur de 28 ans n’a pas le choix. Il doit continuer de s’entraîner s’il espère faire partie de l’équipe dans l’espoir de rivaliser avec les meilleurs de sa discipline en Corée du Sud.

Peu d’athlètes ont réussi à revenir en piste sans être opéré après une blessure de cette nature, mais Philippe Marquis sent que son genou tient le coup.

« C’est pas sans douleur, mais l’important, c’est que c’est stable et c’est fort. Quand je me propulse, c’est là que je sens un peu de douleur derrière le genou. Heureusement, dans les bosses, c’est plus une question d'absorption de l’impact que de pousser contre le sol », explique-t-il.

Le vrai test viendra jeudi à Tremblant. Pendant que ses coéquipiers seront en préparation pour une étape de la Coupe du monde, Philippe Marquis enfilera les skis pour la première fois depuis le bête accident qui menace sa saison.

« En fin de semaine, je vais avoir l'heure plus juste sur ma situation, sur la faisabilité non seulement physique, mais mentale de cette idée-là de participer aux Olympiques », affirme l’athlète de Québec.

Une jambe bionique

Le skieur de 28 ans est conscient toutefois qu’il y a un monde de différence entre le travail qu’il accompli en gymnase et le stress d’une descente sur le parcours olympique.

« Le gros problème, c'est que je fais un sport qui est tellement demandant pour les jambes et j'ai une blessure à un genou. Un plus un, ça ne marche pas là », admet-il, réaliste.

La force des Marquis

En fin de carrière, Philippe Marquis aurait préféré terminer sur une meilleure note après 11 années au sein de l’équipe nationale. Mais s’il a la possibilité de tirer du positif de cette situation malheureuse, le bosseur ne reculera devant rien pour y arriver.

« C’est une belle opportunité pour montrer encore ma force de caractère et ma capacité à faire face à l’adversité. »

« On dirait que c’est une marque de commerce chez les Marquis », ajoute-il en rappelant que son frère, Vincent, a terminé 4e à l’épreuve des bosses à Vancouver en 2010, après avoir subi une reconstruction du genou en 2004.

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