Plus de 1400 journalistes de partout dans le monde sont attendus à Québec et à La Malbaie pour couvrir le Sommet du G7. Si le président des États-Unis est le centre d'attention des médias internationaux, les préoccupations varient beaucoup d'un pays à l'autre. Le point de vue de trois journalistes étrangers.

Un texte de Louis Blouin, correspondant parlementaire à Ottawa et envoyé spécial au Sommet du G7

Aurélia End, journaliste à l’Agence France-Presse

La journaliste française s’attend à un sommet « sous très haute tension ». « C’est un peu l’ordre mondial de demain qui s’ébauche. Les États-Unis qui se retrouvent face à leurs alliés historiques, c’est quelque chose qu’on ne voit pas tous les jours et ce sera passionnant à suivre », explique-t-elle.

Concernant les tarifs douaniers américains, Mme End observera de près la dynamique entre les alliés européens, considérant l'arrivée d'un nouveau leader en Italie et le divorce du Royaume-Uni avec l’Union européenne.

« Ce qui est important pour nous, dans une perspective française, c’est de voir si les Européens sont capables de parler d’une seule voix », explique-t-elle. L’Allemagne pourrait être tentée d’être plus conciliante que la France face aux Américains, puisqu’elle exporte beaucoup aux États-Unis. « On sait que les voitures allemandes sont dans le viseur de Donald Trump », fait-elle remarquer.

Le président français n’a pas hésité à se dresser contre les idées protectionnistes du président américain à la veille du sommet. L’an prochain, c’est Emmanuel Macron qui présidera le G7 et il veut en profiter pour « imprimer sa marque » cette année.

Gary O’Donoghue, correspondant pour la BBC

Avant notre rencontre, le correspondant Gary O’Donoghue, venait d’apprendre que la première ministre Theresa May n’aurait pas de rencontre bilatérale formelle avec le président Trump au sommet. « Il aurait dit qu’il la considère comme une maîtresse d’école et n’aime pas vraiment son ton », raconte-t-il.

Tous les journalistes étrangers sont friands des interactions entre Donald Trump et leur leader. Il note que les tensions sont très élevées entre Londres et Washington.

M. O’Donoghue explique que dans la foulée du Brexit, le Royaume-Uni fondait beaucoup d’espoirs dans un éventuel accord commercial avec les États-Unis afin de donner un nouveau souffle à son commerce international.

Toutefois, les tarifs américains ont installé un environnement « hostile » et représentent une difficulté politique importante pour le gouvernement britannique.

Le journaliste d’expérience s’attend à des rebondissements pendant la rencontre de Charlevoix. « On aura droit à du bon théâtre », lance-t-il à la blague.

Kenji Kohno, chef du bureau des Amériques du diffuseur public japonais NHK

Si Kenji Kohno a déployé une équipe de plusieurs journalistes pour couvrir le G7, c’est un autre sommet qui retient son attention. Selon lui, la rencontre de Charlevoix n’est qu’une étape préliminaire dans la couverture médiatique qui mènera à la rencontre entre Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un, à Singapour, le 12 juin.

M. Kohno est impatient de voir comment les efforts diplomatiques du président des États-Unis seront perçus autour de la table du G7. D’après lui, la rencontre de Charlevoix est l’occasion pour les leaders d’envoyer un signal clair.

« J’espère qu’ils enverront un message fort aux leaders nord-coréens : nous appuyons le dialogue, nous appuyons la dénucléarisation », poursuit-il.

Même si Donald Trump demeure « imprévisible » et que certains de ses gestes laissent l’auditoire japonais perplexe, Kenji Kohno espère que le président fera « bon usage » du sommet de Singapour pour améliorer la sécurité dans la région.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les 10 meilleures destinations vacances lorsqu'on est végane





Rabais de la semaine