Expo Québec prend une pause. Le Carnaval travaille à sa relance. Les temps sont durs pour certains grands événements à Québec. La situation inquiète le Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI), qui interpelle les gouvernements. D'autres croient que ce sont aux organisateurs de se renouveler.

« Je n'hésite pas à dire qu'on n'est pas exactement dans une crise, mais pas très loin. Ce sont des géants aux pieds d'argile ces événements. Je vois les chiffres, je parle aux membres du RÉMI et je crains que ce soient les premiers d'une longue liste. Il faut faire quelque chose », signale Martin Roy, président-directeur général RÉMI, qui représente 18 événements au Québec.

Pour lui, la survie des événements d'envergure passe par un meilleur financement public. Il était d'ailleurs à Ottawa jeudi pour plaider sa cause. « On demande la création d'un fonds ou d'un programme qui serait d'environ 30 millions de dollars par année pour couvrir l'ensemble du Canada », indique Martin Roy. Il déplore qu'Ottawa ne finance pratiquement plus les grands événements depuis 2011.

Le RÉMI demande également à la nouvelle ministre du Tourisme Julie Boulet de bonifier le programme d'aide québécois et de « faire le ménage » dans les organisations subventionnées. « Il faudrait peut-être mettre nos billes là où ça compte, là où on génère de l'argent, des retombées touristiques. »

La ministre Boulet soutient bien sûr qu'un meilleur financement fédéral serait « bienvenu ». De son côté, elle n'entrevoit pas de hausse de budget, mais surtout, pas de baisse. « L'enveloppe au ministère du Tourisme n'est pas diminuée, contrairement à bien d'autres programmes où il y a des coupures », souligne Julie Boulet.

Se renouveler

La ministre Boulet, comme bien des acteurs économiques de la région, estime que le nerf de la guerre n'est pas que l'argent. Les organisateurs doivent avant tout redoubler d'efforts pour innover.

Stéphan Parent, directeur général des Fêtes de la Nouvelle-France, sait bien qu'il n'y a rien d'acquis dans ce milieu. Les Fêtes tenteront un nouveau départ cette année en changeant de site. « On a besoin de se renouveler, de développer de nouveaux publics, d'être attractif, d'être supporté financièrement, de trouver de nouvelles façons de se financer aussi. Tout le monde est en réflexion, c'est normal », souligne-t-il.

La Chambre de commerce de Québec croit aussi que le plus grand enjeu de tout festival qui arrive à maturité est de se renouveler. « La présence des gouvernements est essentielle. Est-ce qu'elle doit être supérieure? Je n'en suis pas sûre. Je pense qu'il faut davantage attirer de clientèle, un peu comme les acteurs du secteur privé qui font des spectacles et qui attirent des gens », soutient le président Alain Aubut, soulignant le succès de plusieurs grands événements à Québec, comme le Festival d'été et le Festbière.

Le directeur de l'Office du tourisme, André Roy, ne s'inquiète pas des répercussions de l'annulation d'Expo Québec sur la saison touristique. L'événement est plutôt fréquenté par la population locale.

« Est-ce que ça fait en sorte que la ville n'est plus intéressante pour nos clients? Je ne pense pas qu'on peut dire ça. Je pense que la ville de Québec a encore tous ses charmes : arts, musées, nature à proximité. Il ne faut pas dramatiser. » Avec un dollar canadien faible, André Roy entrevoit une année touristique 2016 meilleure qu'en 2015.

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