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Le sort du cimetière musulman de Saint-Apollinaire décidé aujourd’hui

C'est ce soir, vers 20 h 15, que le sort du cimetière musulman de Saint-Apollinaire sera décidé.Vers 16h, 24 des 49 électeurs s'étaient prévalus de leur droit de vote.

Bien malin est celui qui peut prédire avec exactitude l’issue de ce minuscule référendum. Seuls les électeurs domiciliés dans la zone concernée par le projet de règlement ont droit de vote. Ils devaient s'inscrire pour prendre part au scrutin.

Le résultat est toutefois fort attendu. Le débat identitaire qui divise la population de la petite municipalité de Saint-Apollinaire a pris des proportions nationales au cours des dernières semaines.

Attentat de Québec

La polémique a débuté l’hiver dernier, lorsque le maire de Saint-Apollinaire, Bernard Ouellet, a permis aux musulmans d’aller de l’avant avec un projet de cimetière quelques semaines après l’attentat qui a fait six morts à la grande mosquée de Québec.

Le but est d'ériger un cimetière exclusivement musulman sur un terrain de 60 000 pieds carrés dans le parc industriel de Saint-Apollinaire.

Le terrain est la propriété du complexe funéraire Harmonia, promoteur du projet. Sa réalisation nécessite toutefois un changement de zonage pour permettre d’y enterrer des corps.

Une opposition au projet s’est donc organisée autour de ce changement de réglementation. Les 17 signatures requises ont été apposées sur le registre pour l'ouverture d'un référendum en mai dernier.

Depuis ce temps, le débat s’est amplifié. Des membres de chaque camp accusent l’autre de faire preuve de racisme. Jamais le maire Bernard Ouellet n’aurait cru en arriver là lorsqu'il a appuyé le projet l’hiver dernier.

Le maire espère que les séances d’information organisées par Harmonia depuis la mi-mai feront une différence aujourd'hui.

« Il y a une méconnaissance des [musulmans de Québec]. Ils valent la peine d’être rencontrés. Il faut leur donner une chance, plaide-t-il. J’ai encore espoir que ça fonctionne. »

Le camp du non

La famille Létourneau, de Saint-Apollinaire, représente pour sa part le camp du non.

« Nous, on prône le multiconfessionnel, explique Sunny Létourneau. C’est l’avenir, parce qu’il y a des gens de toutes les communautés qui débarquent ici. Ça prend des cimetières pour accueillir tout le monde, peu importe sa religion, sa provenance, sa couleur, sa culture. Il faut y penser parce que dans 20 ans ça va être un problème. »

Si le non devait l’emporter ce soir, il n’est pas exclu que la mosquée de Québec dépose une plainte à la Commission des droits de la personne, indique le responsable du dossier, Mohamed Kesri. « On va réclamer le respect de notre droit, affirme M. Kesri, parce qu’il aura été refusé d’une façon discriminatoire puisque les gens disent oui à un cimetière, mais non à un cimetière musulman. Il n'y a pas plus discriminatoire que cela. »

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