Dans le petit monde du triathlon de haut niveau, les circuits urbains ont la cote. Montréal se pose maintenant en destination incontournable avec son parcours pittoresque dans le Vieux-Port de la ville, à en croire la triathlonienne Sarah-Anne Brault.

Un texte d’Alexandre Gascon

« Ça donne vraiment une atmosphère de compétition internationale. Les gens peuvent se promener et regarder la course. Au Canada, on a Edmonton, mais c’est dans le parc, ce n’est pas vraiment urbain. C’est vraiment unique au Canada […] si la population peut embarquer, ça peut faire quelque chose de vraiment spécial pour les athlètes », estime Brault, recrutée comme porte-parole de l’événement après l’annonce de sa retraite cet hiver.

L’organisation du Triathlon international de Montréal en est à sa deuxième édition et vient de passer dans les ligues majeures, les Séries mondiales de l’Union internationale de triathlon (ITU).

La plus prestigieuse catégorie du sport assure la présence d’un bon nombre d’athlètes d’élite dans la métropole. On ouvre aussi la porte à la participation amateur afin d’attirer le plus de curieux possible.

L’an dernier, la première présentation de la compétition avait été occultée par le début des Jeux olympiques de Rio, auxquels participait d’ailleurs Brault (elle y a pris le 42e rang).

La porte-parole s’attend à un plus grand retentissement cette fois.

« Le parcours urbain, c’est vraiment mieux pour les spectateurs, explique-t-elle. Surtout à Montréal, ils font neuf boucles sur le vélo [huit, NDLR]. C’est cinq kilomètres par boucle, et en plus c’est un aller-retour, on n’aura même pas le temps de s’asseoir avant qu’ils reviennent. »

« En Europe, ils sont très, très bons pour faire des parcours urbains. Hambourg, c’est la course où il y a le plus de spectateurs. Stockholm, c’est devant le palais royal avec des pavés partout. Et Leeds, ils font une partie à l’extérieur de la ville et une partie en ville et chaque fois, c’est un succès », détaille la jeune femme de 27 ans, de passage à Montréal lundi.

Septième arrêt d’un circuit qui en compte neuf, la course au championnat mondial entrera dans sa dernière ligne droite et devrait donc favoriser la présence des vedettes du sport.

Mentionnons pour les connaisseurs que les têtes d’affiche Gwen Jorgensen, championne olympique, et la Britannique Helen Jenkins tireront un trait sur la compétition, étant toutes deux enceintes.

Montréal devrait pouvoir compter sur le reste du gratin international, autant chez les hommes que chez les femmes.

Sans financement, la retraite

Rares sont les triathloniens qui roulent sur l’or. À quelques mois des J.O. en 2016, les athlètes canadiens, dont Brault, avaient fait les frais des coupes budgétaires à Triathlon Canada.

Après sa 42e place au Brésil et quelques prestations en deçà de ses attentes en fin de saison, Brault croyait bien se faire couper les vivres par la fédération canadienne et perdre son brevet de Sport Canada. Elle a préféré devancer l’appel et esquiver le coup en annonçant sa retraite en mars.

La Québécoise de Lévis a atteint le paroxysme de sa carrière avec une participation aux Jeux olympiques. Elle compte aussi deux podiums en Coupe du monde et cinq places parmi les 15 premières en Séries mondiales ITU.

« Je n’étais pas tannée de l’entraînement. J’ai trouvé ça quand même assez difficile les dernières années, être partie pendant neuf mois. J’ai eu de vraiment bons résultats [dans ma carrière], mais je n’étais pas constamment dans les meilleures au monde et ça, je trouvais ça difficile », explique l’ancienne triathlonienne.

« Je ne dis pas que je n’étais pas capable, mais où j’étais quand j’ai pris ma retraite, ce n’était pas un endroit facile. Des fois, c’était dur d’avoir le support nécessaire pour performer au même niveau que les meilleurs au monde. J’aurais pu continuer, mais je veux faire autre chose dans ma vie et quatre ans, c’est un petit peu long », lance Brault, en référence au cycle olympique qui l’aurait guidée vers les Jeux de Tokyo en 2020.

Après avoir passé du temps avec sa famille durant les derniers mois, Brault s’apprête à déménager à Montréal afin d'y poursuivre des études en finance à l’Université McGill.

« J’ai pu m’impliquer dans les projets plus locaux, ajoute-t-elle. On a un petit projet avec Triathlon Québec et l’Université Laval où on va dans les écoles avec une flotte de vélos. Je m’implique dans des événements comme le triathlon de Québec et le triathlon de Montréal, et ça, je trouve ça vraiment spécial. »

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