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Le trou du diable vendu à Molson : des brasseurs québécois inquiets

La vente de la microbrasserie Le trou du diable à une division du géant Molson Coors Canada soulève de nombreuses inquiétudes chez les brasseurs indépendants de la province. L'industrie craint des conséquences néfastes, notamment au niveau de la qualité du produit.

La microbrasserie de Shawinigan n'est pas la première à être achetée par la compagnie de bières de spécialités Six Pints, une division de Molson, créée en 2011.

Molson Coors possède aussi les entreprises Creemore Springs de l’Ontario, Granville Island Brewing Company de Vancouver et Brasseur de Montréal.

La directrice générale de l'Association des microbrasseries du Québec, Marie-Ève Myrand, soutient qu’il s’agit d’une bonne nouvelle pour Le trou du Diable. Toutefois, cette transaction soulève des questions dans l'industrie.

L'économie locale

« En termes d'occupation du territoire pour le Québec, les microbrasseries s'implantent dans les régions, prennent racine et sont un vecteur d'emploi, de dynamisme économique », explique la directrice générale.

Le brasseur pour la microbrasserie La Barberie de Québec, Bastien Têtu, soutient que sa coopérative ne souhaite pas être vendue à un géant de la bière.

« Nous, notre objectif, c’est de faire de la bière. On est très axés sur le commerce local, sur le fait qu’on redistribue l’argent dans la communauté, on fait travailler des gens locaux, on essaie d’avoir des fournisseurs locaux », dit-il.

Certains brasseurs craignent que le produit se transforme. « Ce n'est pas nécessairement mauvais, mais la question locale, l'achat local, la flexibilité dans les recettes, les brasseurs, les microbrasseries, ce sont des passionnés de bière pour qui la qualité du produit prime d'abord et avant tout », souligne Mme Myrand.

L'exclusivité et la concurrence

Bastien Têtu soulève que les petites compagnies devront concurrencer avec un géant de l'industrie qui offre un produit comparable, mais avec plus de moyens.

Il explique que les grands brasseurs détiennent souvent l’exclusivité lors de certains événements. « Par exemple sur les plaines d'Abraham, durant le Festival d'été de Québec, c’est exclusiviste à Molson. Au Centre Bell ou dans des salles de spectacle, on se ramasse avec des exclusivités », dit-il.

Distribution

La Barberie était impliquée dans un réseau de distribution avec les microbrasseries Le trou du diable, Le Naufrageur et du Lièvre. « On ne sait pas trop ce qui va se passer avec ça », déplore Bastien Têtu.

Le brasseur fait aussi affaire avec d’autres compagnies de distribution indépendantes. « C’est peut-être vers ça qu’on va se diriger », conclut-il.

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