Retour

Le village de Sainte-Lucie-de-Beauregard perd son école primaire

Le comité de maintien de l'école primaire de Sainte-Lucie-de-Beauregard a perdu son combat. Pour une deuxième année consécutive, l'établissement scolaire du village n'a pas obtenu le nombre d'élèves nécessaire à son ouverture. La Commission scolaire de la Côte-du-Sud a pris la décision de fermer définitivement l'école.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

« Une communauté qui n’a pas d’école, ç'a un impact au niveau des jeunes familles et des nouveaux arrivants. Ç'a un impact sur la garderie. Ç'a un impact sur le sentiment d’appartenance », déplore le maire de la municipalité de près de 300 résidents, Louis Lachance.

Malgré l'opération séduction déployée par le comité de maintien de l'école, il manquait toujours deux élèves au deuxième cycle pour permettre l'ouverture de l'établissement scolaire, selon les informations fournies par la Commission scolaire de la Côte-du-Sud.

Pour obtenir le financement de fonctionnement du ministère de l’Éducation, l’école devait avoir minimalement 12 élèves inscrits, soit 6 au premier cycle et 6 au deuxième.

La commission scolaire a pris la décision de ne plus assumer le financement pour maintenir l’école ouverte.

« Quand l’école coûte 240 000 $ à opérer et qu’on a 10 élèves, c’est 24 000 $ par élève », explique le président, Alain Grenier.

Comme c’est déjà le cas cette année, les enfants de Sainte-Lucie-de-Beauregard iront donc à l’école de Saint-Fabien-de-Panet, à une quinzaine de kilomètres à l’est du village, lors de la prochaine année scolaire.

Sauf que cette fois-ci, cette situation devient permanente.

« Si une école n’a pas le nombre suffisant d’élèves, pour une année, on la met en transition pour donner au milieu une année pour attirer de nouvelles familles. Si ça se produit deux ans de suite, l’école est fermée », précise M. Grenier.

À 6 reprises au cours des 10 dernières années, l’école primaire du village n’a pas atteint le nombre minimal d’élèves inscrits. C’était toutefois la première fois que ce scénario se produisait deux années de suite.

Alain Grenier explique être conscient de l’impact de la fermeture d’une école dans un village. Cette décision a été « difficile », mais il dit avoir agi « pour le bien des enfants en premier ».

« Il y a toujours un choc au moment où ça se passe, mais ensuite, quand les enfants sont bien accueillis dans le milieu et au lieu d’être 12, ils sont 80 dans l’école, donc ils peuvent faire des activités plus diversifiées, les enfants sont heureux ce n’est pas long », conclut-il.

Contestation

La municipalité de Sainte-Julie-de-Beauregard déplore le manque d’ouverture de la commission scolaire dans ce dossier.

Selon le maire, une dame qui s’apprêtait à déménager dans la municipalité avait signalé par téléphone l’inscription de ses deux enfants, et ce, avant la date limite du 1er mars.

« Ils ont refusé d’accepter ces deux personnes-là, parce que ça n’avait pas été fait par écrit », dénonce Louis Lachance.

La commission scolaire rétorque que les enfants de la dame en question étaient inscrits « dans deux commissions scolaires », et rien ne garantissait leur présence pour la prochaine année.

M. Lachance assure qu’il fera tout en son pouvoir pour invalider la fermeture de l’école. « On va en discuter avec notre député, et si c’est possible on va aller au ministre de l’Éducation », conclut-il.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les régimes: 10 mythes tenaces