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Légalisation de la marijuana : approbation et inquiétude à Québec

Le dépôt du projet de loi encadrant la légalisation du cannabis à usage récréatif au Canada par le gouvernement Trudeau aujourd'hui aux Communes suscite de nombreuses réactions, notamment à Québec où l'initiative est saluée par certains et suscite l'inquiétude pour d'autres.

L’organisme CAA-Québec, entre autres, s’inquiète des impacts sur la sécurité routière.

Marco Harrisson, directeur de la Fondation CAA-Québec, affirme que les États américains qui ont légalisé la marijuana à des fins récréatives ont vu leur bilan routier se détériorer en ce qui a trait aux accidents causant des blessures graves ou la mort dans lesquels un conducteur avait les facultés affaiblies par le THC, la substance active de la marijuana.

Le CAA souhaite que le projet de loi s’accompagne d’un budget pour augmenter la prévention.

« Ce qui est souhaitable de retrouver dans le projet de loi ou rattaché avec le projet de loi, c’est de dégager des budgets importants pour la prévention et l’éducation des gens par rapport à la conduite avec les capacités affaiblies par le THC », croit M. Marco Harrisson.

Le CAA demande aussi d’accélérer la recherche et le développement pour les appareils de détection de la drogue et d’allouer des budgets supplémentaires pour la formation des agents au sein des forces policière en ce qui a trait à reconnaissance de drogue.

En ce qui concerne le taux de drogue permis dans le sang, le statu quo devrait être conservé jusqu’à ce que les recherches permettent d'établir une limite légale qui pourrait être permise, dit M. Harrisson.

« Jusque-là, il faut garder le statu quo et dire, si tu as une présence de THC dans le sang et tu conduis un véhicule et tu te fais prendre, tu devrais être accusé de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue », dit-il.

Effet d'entraînement?

De son côté, le Centre CASA de Saint-Augustin-de-Desmaures qui aide les gens aux prises avec des dépendances, craint l’effet d’entraînement que pourrait susciter sur les adolescents et les jeunes adultes la consommation de la drogue sur la place publique.

« Ce qu’il va vraiment falloir, c’est investir tant au niveau de la prévention qu’au niveau du traitement. […] Avec une facilité pour se procurer du cannabis, ça peut augmenter certainement auprès de certaines personnes une dépendance », dit Jacques Vézina, directeur général du Centre CASA.

L’organisme aimerait que l’âge légal soit fixé à 21 ans plutôt que 18 et que d’autres études soient menées sur les effets des dogues sur le développement du cerveau.

Accueil favorable

À l’opposé, l’organisme Point de Repères qui travaille auprès de clientèles consommatrices de drogues injectables accueille favorablement le projet de loi.

Le directeur Mario Gagnon affirme que la prohibition engendre plutôt des effets négatifs.

« Nous, ce qu’on constate, c’est que les effets de la prohibition ont des effets négatifs chez nos participants du fait que les gens vont se retrouver en situation criminelle, s’isoler, être stigmatisés par leur consommation. »

Le gouvernement Trudeau a déposé un peu après midi le projet de loi qui jettera les bases d’un vaste chantier au Canada. Il vise une légalisation effective dès le 1er juillet 2018.

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