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Légalisation du cannabis : les points de vente au cœur des préoccupations

Doit-on confier la distribution de la marijuana au public ou au privé? La question se trouve au centre des consultations publiques sur l'encadrement de la légalisation du cannabis, qui se déroulent jeudi à Québec.

Un texte de Yannick Bergeron

Les représentants de différents organismes défilent devant la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, qui les écoute avec attention.

Elle souhaite connaître leur opinion en vue de déterminer la façon dont le gouvernement du Québec encadrera le cannabis, une fois qu'il aura été légalisé. Le gouvernement fédéral prévoit le faire d'ici juillet 2018.

Dans la salle, l'ex-ministre péquiste de la Santé Jean Rochon est un observateur attentif. Le père de la Loi sur le tabac dit assister aux consultations pour se faire une tête sur la légalisation de la marijuana.

Il ne veut pas se prononcer sur le sujet, mais a une idée assez arrêtée sur la distribution de la marijuana, qui devrait être confiée au public, selon lui.

« Une organisation privée, c'est correct, on ne leur reproche pas, mais c'est fait pour faire de l'argent », fait valoir l'ex-ministre.

Gestion des points de vente

M. Rochon croit que l'État devrait régir les points de vente dans un système qui reste à déterminer.

Des commerçants estiment toutefois que le privé est tout à fait capable de bien gérer la situation.

Antonio Bramante, de l'entreprise Factotum Consultants, fait valoir que des employés spécialisés qui ont une bonne connaissance des effets de la drogue seraient bien placés pour aider les nouveaux consommateurs.

« C'est là que vous voyez des films d'horreur et des choses bizarres qui se passent », explique M. Bramante.

Pour lui, l'encadrement des gens qui testeront le produit pour la première fois est très important.

Les psychiatres inquiets

L'Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ) a profité de cette journée pour répéter ses inquiétudes.

« Le cannabis est à la psychose ce que l'essence est au feu de camp », a martelé le Dr Marc-André Roy, qui s'est adressé aux médias.

L’AMPQ croit que la banalisation de la drogue entraînera une augmentation de la consommation et des problèmes de santé publique.

Pour le Dr Roy, il n’est pas question que l'entreprise privée s'empare de la distribution du cannabis.

Le propriétaire de Matrileaf, une entreprise qui vend des accessoires liés au cannabis, ne partage toutefois pas cet avis.

« Il y a une démonisation qui est souvent faite et qui mérite d'être éclaircie et d'être un peu plus transparente et honnête », soutient Philippe Dépault.

Contrôle de la qualité

L’entrepreneur espère pouvoir vendre le fruit de la plante. Il convient que « le cannabis n'est pas parfait », mais il soutient que le marché noir représente un risque encore plus grand pour les jeunes.

« Ils consomment un produit qui n'a aucun contrôle de qualité, on ne sait pas d'où ça vient », fait valoir l'homme d'affaires, qui croit que la légalisation va permettre de réduire l'accès de la drogue aux jeunes.

Les consultations se poursuivent toute la journée. En début de soirée, la ministre Charlebois devait entendre les citoyens voulant s'exprimer sur les façons d’encadrer la légalisation de la marijuana.

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