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Légionellose : un recours collectif qui pourrait être plus long et complexe

Un autre obstacle de taille se dresse devant les proches des victimes de la crise de la légionellose qui a sévi il y a cinq ans. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le CIUSSS et le directeur de la santé publique refusent d'être les seuls défendeurs visés par le recours collectif. L'avocat des victimes Jean-Pierre Ménard craint que cette nouvelle preuve – si jamais elle est acceptée – rende le recours encore plus long et complexe.

Un texte de Cathy Senay

À la suite d'une enquête épidémiologique, les tours de refroidissements de la CSQ à la Place Jacques-Cartier, dans le quartier Saint-Roch à Québec, ont été identifiées comme étant la source de l'éclosion de légionellose à l'été 2012.

La CSQ, par la voix de son avocate, reproche à ses fournisseurs de ne pas l'avoir informée en bonne et due forme sur les risques de développement de la légionellose.

Trane Canada UCL, qui détenait le contrat d'entretien du refroidisseur, et Les Contrôles AC, responsable de la température, contestent ces responsabilités.

« On fait juste lancer un spaghetti au plafond pour voir si ça colle. […] Il n'y a pas de faute, pas de lien », affirme l'avocat de Trane Canada ULC, Martin Sheehan devant le juge Clément Samson.

La Régie du Bâtiment se retrouve elle aussi à contester la responsabilité que veulent lui faire porter le CIUSSS de la Capitale-Nationale et ministère de la Santé.

L'avocate Marie-Andrée Gagnon a plaidé que « la Régie, après [l'éclosion de légionellose de] 1996 aurait dû suivre de beaucoup plus près la réglementation sur les tours de refroidissement ».

La Régie du Bâtiment a souligné, qu'à son sens, ce dossier est politique et doit le demeurer. Elle ne doit pas être impliquée.

Des proches épuisés

L'avocat Jean-Pierre Ménard représente les proches des victimes dans le recours collectif. Au cours des derniers mois, il a vu la demande de cette action collective contestée puis autorisée.

Il voit ces nouvelles requêtes comme de nouveaux obstacles de taille : « Plus on ajoute des défendeurs, ça veut dire que ça complique notre procédure, ça augmente nos coûts. Ça a un impact sur les délais. »

Le juge Samson a pris la requête en délibéré et rendra sa décision le 30 juin.

Entre temps, une rencontre d'information sur le recours collectif aura lieu lundi soir au Patro Roc-Amadour.

Les personnes qui ont été contaminées lors de la crise de la légionellose et les 14 familles qui ont perdu un proche sont conviées.

Éric et Nadia Champagne ont perdu leur père à l'été 2012. Ils se font un devoir d'être présents à chacune des rencontres et des audiences.

« Ça va faire cinq ans, en un moment donné il faut que ça se règle. […] Je suis épuisée », affirme Mme Champagne.

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