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Les 80 M$ réinvestis en éducation par Québec sont accueillis froidement

Le ministre de l'Éducation François Blais a détaillé dimanche matin comment il entend dépenser les 80 millions de dollars qui seront investis dans le réseau scolaire l'an prochain, des mesures qui sont loin de satisfaire le milieu de l'éducation. 

Dès janvier, le ministre promet l'embauche de 800 nouvelles ressources à temps plein. De ce nombre, 600 seront des enseignants. Les 200 autres seront des professionnels qui aideront les élèves en difficulté, a-t-il précisé. 

D'ici la fin de l'année financière, 20 millions de dollars seront ainsi mis dans le système de l'éducation. Il faudra attendre septembre prochain pour que soient investis les 80 millions promis, et de façon récurrente. La moitié du budget ira dans les écoles primaires et préscolaires.

L'argent servira notamment à la création en milieu défavorisé de 72 nouvelles maternelles pour les enfants de 4 ans. Pour le ministre Blais, il s'agit d'une façon de lutter contre le décrochage scolaire.

« Là, on parle d'argent qui va directement dans des services, aux professionnels qui viennent en aide de façon ciblée là où ça compte pour la réussite scolaire. Les spécialistes nous le disent : "Intervenez tôt, si possible, c'est là que ça peut faire une différence" », affirme-t-il.

Prudence chez les commissions scolaires 

La présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, Josée Scalabrini, dénonce le fait que cette somme ne fasse pas partie d'une « enveloppe dédiée », ni qu'elle ne fasse partie des négociations. 

« Si le ministre Blais n'accepte pas de venir préciser, attacher, garantir ces sommes-là, dans trois mois, quand il y aura un déficit quelque part, dans un rien de temps [...] ce 80 millions, on pourrait venir le récupérer, comme pour le 150 millions au début de l'année », soutient-elle dans un entretien à Radio-Canada.

La Fédération des commissions scolaires du Québec se fait également prudente. « Les contribuables et les parents d'élèves doivent bien comprendre qu'il est impossible, à ce moment-ci, de déterminer s'il s'agit bel et bien d'argent supplémentaire », a-t-elle averti par voie de communiqué dimanche. 

Même son de cloche du côté de la Centrale des syndicats du Québec, qui accueille avec tiédeur cette annonce. « Le manque à gagner des compressions imposées dans les dernières années s'élève à près d'un milliard. Si on fait le calcul, on voit rapidement que c'est tout à fait insuffisant. Cela renforce l'idée que ce n'est ni plus ni moins qu'une opération de relations publiques », soutient la présidente Louise Chabot.

C'est jeudi dernier, lors de la mise à jour économique du gouvernement, que le réseau de l'éducation a appris que 80 millions de dollars « supplémentaires » y seront investis annuellement.

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